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    A la veille de la béatification de Mgr Escriva de Balaguer (140592)

    La revue "Golias" à Lyon publie un dossier critique sur l’Opus Dei

    Lyon, 14mai(APIC) La revue "Golias", qui se définit comme "le journal

    catho tendre et grinçant", consacre l’essentiel de son numéro de mai à

    l’Opus Dei, une organisation catholique internationale qui compte aujourd’hui plus de 70’000 membres. Elle est devenue en 1982 une prélature

    personnelle confiée à un évêque sans territoire. Le volumineux dossier réuni par "Golias" a été présenté le 13 mai à Bruxelles, à quatre jours de la

    béatification controversée du fondateur de l’oeuvre, Mgr Escriva de Balaguer.

    Il a fallu deux ans à la revue trimestrielle "Golias" et à ses correspondants pour rassembler des contributions diverses et chercher à y voir

    plus clair dans "le monde secret de l’Opus Dei", qualifié de "vaste, puissante, vénérable et sainte maffia qui a décidé de sauver nos âmes et de

    s’en donner les moyens".

    Le journaliste allemand Peter Hertel signe plus du tiers des trois cents

    pages du dossier, livrant ainsi au lecteur francophone les principaux résultats des recherches méticuleuses qu’il mène sur l’Opus Dei depuis quinze

    ans et qui ont été publiées en allemand sous le titre "Je vous promets le

    ciel".

    Celui qui cherche à mieux comprendre cette organisation catholique qui

    propose à ses membres d’atteindre la sainteté dans la vie quotidienne, bute

    constamment sur la même difficulté, explique le journaliste: "L’Oeuvre ne

    parle que d’objectifs spirituels ou surnaturels, laissant à ses membres la

    responsabilité de leurs engagements dans les tâches matérielles et les affaires du monde". Le journaliste allemand discerne dans cette séparation,

    qu’il juge artificielle et trompeuse, un trait typique de l’intégralisme

    catholique, dont l’intransigeance a souvent été portée par un réflexe durci: "Hors de l’Eglise, point de salut".

    "Pas que purement religieux"

    Or, "l’Opus Dei n’a pas qu’un but purement religieux", souligne Peter

    Hertel, dont l’ouvrage allemand publié chez Patmos en est à la quatrième

    édition. "C’est aussi de ramener des moyens financiers, par le biais d’institutions qui n’appartiennent pas à l’oeuvre comme telle, mais à ses membres individuels. Il est généralement difficile de percevoir les liens ainsi créés, mais quand on peut les reconstituer, de puissants réseaux d’influence apparaissent, jusqu’au complexe industriel". Une partie importante

    du récent numéro de "Golias" est consacré au débroussaillage des "réseaux"

    d’institutions liés à l’Opus Dei dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique

    latine.

    Christian Terras, directeur de "Golias", ajoute: "Pour sa stratégie planétaire de reconquête catholique, le Vatican a besoin d’un bras financier.

    L’Opus Dei lui fournit une organisation disciplinée et des moyens". Peter

    Hertel précise en outre que plusieurs responsables de l’Oeuvre remettent

    jusqu’à 90% de leur salaire mensuel.

    Parents inquiets

    "Golias" rapporte également, grâce à des documents internes de l’Opus

    Dei que Peter Bertel a récemment obtenus, des "révélations" sur la formation et la discipline au sein de l’organisation. Selon le journaliste allemand, l’Oeuvre continue aujourd’hui de faire signer à des jeunes de 14 ans

    une promesse d’engagement définitif dans le célibat, ce qui est en contradiction avec les conditions d’âge et de liberté personnelle requises par le

    code de droit canonique.

    A la sortie de son livre, Peter Hertel a été rapidement confronté aux

    réactions que son ouvrage met au jour: "Toute opposition à l’Opus Dei a un

    relent du diable et est systématiquement taxée de dénigrement. Mais l’Oeuvre ne m’a jamais fait de procès. Ce n’est pas faute d’avoir cherché. Des

    avocats m’ont mis au défi de produire devant un tribunal les preuves matérielles de ce que j’avance", notamment sur l’abus de la confiance des jeunes. J’ai aussitôt fourni les documents sur lesquels je m’appuyais. Il n’y

    a jamais eu de procès".

    Ce sont les témoignages des parents et les rencontres avec d’anciens

    membres qui m’ont le plus bouleversé", confie encore Christian Terras. "On

    nous accusera sans doute de dénigrement. Mais je ne puis admettre qu’on

    présente comme chemin de salut une stratégie pervertie par le mensonge, la

    dérive sectaire et les atteintes à la liberté de conscience. Des gens ont

    en quelque sorte le sentiment de s’être fait avoir: à la place de Dieu, on

    a mis Escriva de Balaguer!" (apic/cip/pr)

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