A la veille de l’arrivée du pape en Corée du Sud (061089)
Séoul, 6octobre(APIC) "Il est plus difficile de gagner la paix que de
gagner la guerre. Il est plus difficile de garder la paix que de la gagner,
et de la garder avec les armes de la paix qu’avec les armes de la guerre".
C’est ce qu’a déclaré en substance le cardinal Roger Etchegaray, président
du Conseil pontifical "Justice et Paix", dans son homélie prononcée lors de
la messe d’ouverture du 44e Congrès eucharistique international, célébrée
jeudi 5 octobre à Séoul.
Deux jours avant l’arrivée du pape dans la capitale sud-coréenne, et en
présence de 20’000 fidèles venus des quatre coins du monde et rassemblés
dans le stade Olympique de Séoul, le cardinal Etchegaray a encore déclaré:
"La paix est entre les mains de tous... Si les chrétiens ne commencent pas
par donner le témoignage de leur fraternité, il est vain d’espérer bâtir la
paix entre les hommes et les peuples... L’avenir est du côté des chercheurs
d’unité".
L’eucharistie et les repas asiatiques
Avant la messe d’ouverture du Congrès et après une première journée sur
la paix, un symposium a permis à différents spécialistes de comparer les
offrandes sacrificielles d’autres religions (shamanisme, bouddhisme, confucianisme), telles qu’elles sont pratiquées en Corées, avec l’eucharistie,
telle que la célèbrent les catholiques.
Entre le gâteau de riz de la cérémonie du "kut" shamaniste coréen, la
nourriture offerte à bouddha, les offrandes de la fête confucéenne et l’eucharistie, il y a plusieurs points communs, a relevé le Père Sye Hong Suk,
du Département des religions de l’Université Sogang à Séoul. Tous ces repas
rituels, en effet, sont offerts et en même temps reçus comme dons de l’être
suprême ou de Dieu. De plus, la communion avec l’être transcendant ou avec
Dieu s’exprime dans l’action du partage immédiat de la nourriture ayant
servi au cours de la cérémonie.
D’autres spécialistes ont encore souligné des similitudes entre les tables de nourriture et d’offrandes dans les religions asiatiques, non sans
relever l’importance du partage et de la reconnaissance pour faire contrepoids au matérialisme et aux pratiques du profit sans bornes que l’on rencontre dans la société. Quant au Père Lee Hong Ki, du Grand séminaire de
Séoul, il relève que "l’eucharistie perdrait toute signification si elle se
réduisait à un simple service de l’Eglise". L’eucharistie, a-t-il rappelé,
commémore le don que Jésus a fait de sa vie et engage nécessairement les
chrétiens sur le chemin de l’amour et du partage.
Le même jour, une dizaine de paroisses catholiques de Séoul ont accueilli des centaines de visiteurs étrangers, prêtres, religieux et laïcs. Des
chrétiens de dizaines de pays ont ainsi eu l’occasion d’échanger leurs expériences, de s’ouvrir à d’autres cultures, de prier ensemble.(apic/cip/pr)