A l’occasion du dimanche des vocations dans le Jura (210491)
Porrentruy, 21avril(APIC) Le Jura a vécu dimanche, au rythme de l’Eglise
universelle, la Journée mondiale de prière pour les vocations, fixée traditionnellement au 4e dimanche de Pâques, le dimanche du Bon Pasteur. L’occasion pour tous les chrétiens de prier pour que le Seigneur envoie des
ouvriers à sa moisson et de s’interroger sur sa propre réponse et la vitalité de son témoignage face aux jeunes qui se sentent appelés à s’engager
dans une vie consacrée. L’occasion aussi d’évoquer l’engagement des religieuses, à travers deux témoignages recueillis dans le Jura.
Le Centre romand des vocations (CRV) à Lausanne coordonne au plan romand
toutes les activités dans le domaine des vocations: accompagnement de jeunes en recherche, information, animation de pèlerinages pour les vocations,
camps-vocations qui allient réflexion et détente. Il est présent dans chaque canton par des équipes vocations qui prennent des initiatives sur le
terrain. Le Jura verra notamment cet été sept nouveaux engagements: deux
prêtres, deux assistants pastoraux, deux animateurs pastoraux et une catéchiste seront ordonnés, institués ou envoyés "en Eglise" dans la partie
francophone du diocèse de Bâle.
Mais "faire le pas", donner sa vie à Dieu dans la prière et le service
suppose une réponse à un appel entendu à un moment ou à un autre de son
existence et un cheminement parfois long. C’est ce dont témoignent Soeur
Myriam et Soeur Anne-Marie, de la Congrégation de Saint-Paul de Chartres,
enseignantes et membres du Service jurassien des vocations.
Pour elles, la vocation est "un appel d’amour du Seigneur qui séduit et
implique l’amour des autres". Soeur Anne-Marie a reçu une éducation chrétienne. Un accident de voiture l’a clouée au lit trois mois. Elle avait
alors 17 ans. "C’est là, dit-elle, que j’ai rencontré Jésus-Christ. Il m’a
fascinée, séduite. J’ai eu la conviction qu’il m’appelait à lui consacrer
ma vie". De son côté, soeur Myriam a entendu cet appel vers l’âge de 9 ans
déjà. "Je voulais devenir religieuse parce que je voulais faire quelque
chose de grand". A quinze ans, elle entre au collège Saint Paul de Porrentruy pour y apprendre le français. Elle fêtera ses vingt ans au noviciat.
Entendre l’appel de Dieu ne suffit pas. Il faut encore que cet appel
soit confirmé par des intermédiaires qui peuvent guider le jeune en respectant sa liberté et son épanouissement. Souvent un animateur pastoral, un
prêtre, une religieuse peuvent être ces personnes qui aident à prendre une
décision qui doit être finalement personnelle. Une décision qui sera parfois motivée par les contacts pris avec différentes communautés. C’est là
que se précisera le genre de vie auquel le jeune est appelé.
La vie consacrée: trois chemins différents
Trois choix de vie consacrée sont possibles. Ils exigent tous un long
temps de réflexion et une préparation progressive aux voeux évangéliques de
pauvreté, chasteté et obéissance.
Le premier choix réside dans la vie monastique contemplative: une vie à
l’écart du monde faite de silence et de don de soi, dans l’alternance
constante entre prière liturgique et personnelle et travail manuel. Dans
des spiritualités et des accents divers, dont témoignent les nombreux monastères édifiés au long des siècles.
Second choix posssible: la vie religieuse apostolique. S’il postule aussi une intimité avec Dieu, ce genre de vie est plus directement ordonné au
service du prochain à travers un engagement concret dans le monde au nom de
l’Evangile. C’est le désir de partager la condition des hommes et d’annoncer le Royaume, d’être témoin de la tendresse de Dieu auprès des hommes
d’aujourd’hui. Les engagements proposés par la vie religieuse apostolique
sont très diversifiés: enseignement, soin des malades, médias, mission, ...
Enfin la troisième voie est celle, plus discrète, des instituts séculiers. Ces instituts rassemblent dans une même spiritualité des hommes et
des femmes consacrés qui travaillent dans le monde et portent par leur vie
témoignage de Dieu. Sans pour autant que le monde sache qu’ils sont consacrés.
Dieu continue d’appeler. Aujourd’hui encore des jeunes ont le goût du
risque et de l’aventure avec Dieu liée à la vie fraternelle en communauté
ou dans le monde. "La vie religieuse reste une forme de vie qui peut séduire les jeunes de l’an 2’000. A condition toutefois que les communautés religieuses sachent s’adapter aux temps modernes sans pour autant abandonner
l’essentiel, qui est la suite du Christ. Parce que le chemin du Christ
reste un chemin de liberté", affirment les deux religieuses jurassiennes.
(apic/sic/ba)