Paris, 6juillet(APIC) Deux événements avaient marqué la cérémonie de
clôture du Rassemblement oecuménique européen de Bâle "Paix et Justice", le
21 mai dernier: d’une part l’irruption bruyante d’un groupe de jeunes Bâlois réclamant un lieu de "culture alternative" (ils devaient alors être
prochainement expulsés du terrain oû ils avaient installé leur centre culturel), d’autre part la plantation d’un tilleul de la paix dans de la terre
apportée de tous les pays d’Europe et arrosé de l’eau puisée aux sources du
Rhin.
Rien, apparemment, ne liait ces deux événements, jusqu’au 3 juin dernier
: ce jour-là, en effet, un groupe inconnu enduisit l’arbre d’une gélatine
inflammable et y mit le feu. Dans une lettre adressée aux journaux locaux,
ce groupe justifiait son geste en affirmant que la paix qui sembla régner à
Bâle tout au long du Rassemblement oecuménique européen n’était, en fait,
qu’une apparence. Pour preuve l’expulsion des jeunes du terrain sur lequel
ils étaient installés, au lendemain du Rassemblement. Le groupe des jeunes,
pour sa part, tout en regrettant la problable destruction de l’arbre, refusa d’en condamner les auteurs qui avaient voulu, par ce geste, marquer leur
solidarité: "Ce n’est pas nous qui avons brûlé l’arbre mais ceux qui l’ont
fait ont voulu nous montrer leur soutien : ne les rejettons pas", ont-ils
déclaré.
Cet événement a soulevé beaucoup d’émotion dans les Eglises bâloises.
Des fleurs ont été déposées au pied du tronc calciné, des messages ont été
attachés dans ses branches, des mains anonymes ont dressé à côté un panneau
de bois sur lequel sont écrit ces mots: "L’espérance ne saurait périr dans
les flammes."
Les chances de survie de l’arbre de la paix, après cet incendie, sont
bien minces. Toutefois, pour ne laisser passer aucune chance de le sauver,
les Eglises bâloises et la municipalité ont décidé de le transporter dans
les serres de la ville. (apic/mjh/mg)