*931185,PAYS CH
Jean Paul II en Lituanie dans deux ans ?
Vilnius/Rome, 8septembre(APIC/CIP) Mgr Julijonas Steponovicius, 76 ans,
administrateur apostolique de Vilnius, en Lituanie, a été autorisé à se
rendre à Rome en octobre prochain et pourra donc, pour la première fois,
rendre visite à l’évêque de Rome.
La nouvelle a été annoncée à l’agence italienne Ansa par le cardinal
Vincentas Sladkevicius, son compatriote, administrateur apostolique de Kaisiadorys.
Mgr Stepanovicius est, pour être précis, administrateur apostolique "ad
nutum sanctae sedis" (avec le seul agrément du Saint-Siège) de Vilnius. Les
sept dioceses lituaniens sont d’ailleurs tous confiés à des administrateurs
apostoliques, qui ont le même pouvoir qu’un évêque diocèsain, sans en avoir
le titre : la nomination d’évêques résidentiels supposerait que fut enteriné l’actuel découpage de la Lituanie et, ipso facto, son annexion par
l’Urss, que refuse l’Occident (et le Vatican). Le territoire de Vilnius est
divisé en deux, une partie étant située en Pologne, qui est placée sous la
juridiction de l’administrateur apostolique de Bialystok.
Mgr Stepanovicius gouverne la partie de l’archidiocèse qui est située en
Lituanie sovietique. Il en est devenu l’administrateur apostolique en 1958.
En 1961, il était envoyé en relégation pour avoir refusé d’ordonner trois
séminaristes inféodes au régime. Depuis, il est ’’impedito’’, comme le signale l’annuaire pontifical, c’est-a-dire empêché d’exercer son ministère
épiscopal.
Mgr Sladkevicius, que Jean Paul II a nommé cardinal au Consistoire du 28
juin dernier - (le fait que le pape actuel, aussitôt élu, ait envoyé sa
barrette de cardinal à Vilnius laisse supposer que Mgr Stepanovicius ait
été fait cardinal "in petto" (en secret) en 1979) -, a declaré à Ansa que
l’administrateur de Vilnius a reçu les autorisations nécessaires pour se
rendre à Rome, ou il sera accompagné par un prêtre lituanien, Venceslaus
Aliulis. Il a dit ignorer si ce prochain voyage à Rome signifie que son cas
est résolu, mais des sources ecclésiastiques lituaniennes, interrogées par
Ansa, s’accordent pour dire que sa visite à Rome est l’un des résultats de
la visite que le cardinal C asaroli a effectuée en juin dernier à Moscou
dans le cadre de la célébration du millènaire du baptême de la Rus’ de
Kiev. le cardinal Secretaire d’Etat aurait évoqué son cas lors d’un entretien avec le ministre soviétique chargé des Affaires religieuses, Konstantin Khartchev.
Le cardinal Sladkevicius a dit aussi son "grand espoir" que Jean Paul II
pourrait visiter la Lituanie dans deux ans, même si des difficultés subsistent - la principale étant que le Vatican continue de reconnaître la Lituanie indépendante. Mais le prélat préfère placer une éventuelle visite
papale avant tout sous son aspect religieux. Il affirme aussi placer beaucoup d’espoir dans la Perestroika, tout en précisant que celle-ci doit se
traduire dans des "actes concrets", sans quoi elle ne serait qu’un nouveau
nom recouvrant un état de chose ancien.
Parmi les autres difficultés signalées par le cardinal Sladkevicius, il
y a l’impossibilité pour l’Eglise de publier une revue qui soit vraiment
d’Eglise, "qui ne se contente pas de répéter les thèses officielles". Il y
a encore la subsistance du musée de l’athéisme (dans l’ancienne Eglise ST.
Casimir à Vilnius), tandis que la cathédrale de la capitale continue d’être
utilisée comme galerie d’art. Se pose, enfin, le problème du clergé : la
Lituanie ne dispose que d’un seul séminaire, celui de Kaunas, qui se voit
imposer un "numerus clausus" (150 séminaristes).
Le cardinal Lituanien n’en pense pas moins que les années les plus difficiles sont révolues. "L’hiver touche a sa fin, dit-il, et j’aperçois les
premiers signes du printemps. L’aube d’une journée nouvelle est en train de
poindre". (apic/jt/pr)