Kosovo: "L’Osservatore Romano" demande de ne pas négliger les propositions serbes
Sans la paix, il est impossible d’aider les populations du Kosovo
Rome, 8 avril 1999 (APIC) Il ne faut pas négliger la trêve proposée par Belgrade, dans le conflit au Kosovo, estime mercredi "L’Osservatore Romano". Pour le quotidien du Vatican, "il ne faut pas se durcir, ni liquider hâtivement aucune proposition, sans chercher au moins des points susceptibles de se prolonger par un dialogue".
"C’est seulement avec la paix qu’il sera possible de porter des secours adéquats aux populations du Kosovo", écrit encore "L’Osservatore", qui insiste sur la nécessité pour les responsables de la communauté internationale de n’épargner aucun effort dans ce sens, et de ne négliger aucune voie sans l’avoir explorée à fond.
De son côté, Mgr Santos Abril y Castello, nonce apostolique à Belgrade depuis 1996, considère la trêve unilatérale avancée par le gouvernement de Belgrade comme "une proposition à examiner attentivement". "La nouvelle de la suspension des opérations de l’armée et de la police fédérale au Kosovo, et du retour chez eux des réfugiés, devra être confirmée par les faits" souligne-t-il. Interrogé par le quotidien italien Avvenire du 8 avril, le nonce estime par ailleurs que si l’ingérence humanitaire est un droit et un devoir, elle "n’équivaut pas à une intervention armée", et qu’"il y avait encore des marges d’interventions politiques avant d’arriver aux bombardements".
Pendant ce temps, une délégation de la Communauté romaine de Sant’Egidio, conduite par son Conseiller ecclésiastique Mgr Vincenzo Paglia, est arrivée à Belgrade le 6 avril. Les membres de cette délégation ont pu depuis rencontrer le président de la République de Serbie Milan Milutinovic, ainsi que le ministre des Affaires étrangères de la République fédérale de Yougoslavie, Zivadin Jovanovic. D’après la presse italienne, ils ont pu également avoir des contacts avec le leader modéré du Kosovo, Ibrahim Rugova. (apic/imed/mp)