affirme l’abbé Bernard Fellay, économe de la Fraternité Saint-Pie X
Rickenbach, 21mars(APIC) Depuis le sacre par Mgr Lefebvre en juin dernier
de quatre évêques traditionalistes contre la volonté expresse du Saint-Siège, "les fidèles traditionalistes ont augmenté de 10 % dans le monde entier", affirme l’abbé Bernard Fellay, l’un des quatre nouveaux évêques de
la Fraternité Saint-Pie X. L’évêque traditionaliste d’origine valaisanne,
actuellement économe au siège international de la Fraternité à Rickenbach
(SO), affirme qu’en Suisse, on peut estimer les fidèles de Mgr Lefebvre à
plus de 5’000 personnes.
"Les fidèles sont en augmentation également en Suisse : nos chapelles
sont plus bondées que d’habitude", affirme Bernard Fellay. Les points forts
du mouvement schismatique, qui regroupe près de 100’000 personnes au niveau
mondial, sont la France (environ la moitié de l’effectif), puis viennent
les Etats-Unis (plusieurs dizaines de milliers), l’Allemagne (moins de
10’000) et la Suisse. C’est au Mexique que les fidèles de Mgr Lefebvre progressent le plus vite, ainsi qu’en Asie en général, affirme le prélat dissident. Dans ce continent, les traditionalistes sont organisés notamment
aux Philippines, en Corée, au Japon, à Hong Kong, Singapour, la NouvelleCalédonie, voire la Nouvelle-Guinée. "On manque cruellement de prêtres pour
répondre à tous ces appels", lance-t-il.
Fraternité St-Pierre et messes en latin : pas de conséquences négatives
Pour Bernard Fellay, ni la possibilité des messes en latin offerte par
l’Eglise catholique ni la fondation de la Fraternité Saint-Pierre pour les
traditionalistes qui veulent rester fidèles à Rome n’ont pu déstabiliser la
Fraternité Saint-Pie X. Si les fidèles de Mgr Lefebvre sont en augmentation, la Fraternité a toutefois perdu 16 prêtres (sur 215) et 25 séminaristes (sur 257), relève l’abbé Fellay. La réalité de la Fraternité SaintPierre, affirme-t-il, "on la sent dans les idées, mais pas dans la réalité;
on sent bien que, du point de vue tactique, on essaye de nous mettre les
bâtons dans les roues, mais on n’en a pas vu de résultats effectifs". Quant
aux nouvelles messes en latin, "ce ne sont pas nos fidèles qui y vont, ditil, car le problème n’est pas seulement d’ordre liturgique; il y a le refus
des conceptions du Concile Vatican II".
Concernant une très hypothétique réconciliation avec le Vatican,
l’évêque traditionaliste affirme qu’"à priori, nous ne dirons pas non, mais
à condition que l’on réponde à nos exigences concernant la révision de
l’attitude post-conciliaire notamment en matière d’oecuménisme et de liberté religieuse: ce sont des points de foi pour nous". L’évêque excommunié
relève cependant qu’il n’y a aucune tractation en cours avec le Vatican et
qu’aucune prise de contact n’est envisagée dans un avenir proche. (apic/be)