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Inquiétude de la comunauté chrétienne
New Delhi, 22 août 1999 (APIC) Des mandats d’arrêt ont été lancés contre deux personnalités de l’Eglise de l’Inde du Nord par le gouvernement de l’Etat du Maharashtra. Le gouvernement de cet Etat, contrôlé par deux partis nationalistes hindous, le Shiv Sena et le Bharatiya Janata Party (BJP), a lancé ces mandats d’arrêt contre George Ninan, ancien évêque de Nasik qui vient de prendre sa retraite, et James Massey, pasteur, tous deux membres de l’Eglise de l’Inde du Nord.
James Massey est le représentant de la communauté chrétienne auprès de la Commission nationale pour les minorités, organisme autonome financé par le gouvernement et chargé de protéger les droits des communautés minoritaires en Inde. La Commission comprend sept membres, représentant les communautés musulmane, chrétienne, sikh, bouddhiste, jaïn et parsie. En tant que membre de cette Commission, James Massey enquête sur les attaques commises récemment contre des chrétiens en Inde, fomentées, de l’avis de certains, par des nationalistes hindous.
Les deux ecclésiastiques ont été inculpés conformément à une loi qui interdit l’incitation à la haine entre communautés.
Selon des rapports de presse locaux, les deux ecclésiastiques auraient appelé les chrétiens à ne pas voter pour la coalition gouvernante Shiv Sena-BJP lors des prochaines élections. Un journal a même titré: "Pour le pasteur Massey, la défaite du BJP est nécessaire". Or, les deux ecclésiastiques ont nié avoir appelé les chrétiens à ne pas voter pour le BJP.
L’action prise à l’encontre des deux ecclésiastiques aurait été fomentée par un leader du BJP qui était présent dans la ville au moment de la publication des articles. Les mandats d’arrestation n’ont pas encore été délivrés aux deux ecclésiastiques. Le pasteur Massey a quitté Ahmednagar le lendemain de la conférence de presse. Et les policiers venus au domicile de l’évêque George Ninan n’ont pu lui remettre le mandat car une foule de 2’000 personnes s’était massée devant son domicile. L’évêque Ninan, âgé de 65 ans, est depuis parti à Mumbai (Bombay).
La nouvelle provoque inquiétude au sein de la communauté chrétienne indienne. Un journal indien, "The Asian Age", considère que l’affaire des mandats s’inscrit "dans la ligne des attaques contre les minorités chrétiennes". Dans un mémorandum adressé au président fédéral de l’Inde, Kocheril Raman Narayanan, des chrétiens et des défenseurs des droits de l’homme lui demandent "d’ordonner au gouvernement de l’Etat du Maharashtra de retirer immédiatement l’accusation contre les deux ecclésiastiques, dont la seule faute a été de s’exprimer sur la nécessité de renforcer la politique démocratique laïque lors d’un séminaire".
Une manifestation organisée à New Delhi, la capitale, devant le Bureau de l’Etat du Maharashtra, a rassemblé un grand nombre de membres du "Insaani Ekta Muhim" (Campagne de solidarité populaire), représentant plus de vingt associations. (apic/eni/aa/ba)