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En raison de malnutrition et des mauvaises conditions des réfugiés
Yaoundé, 25 mai 2009 (Apic) Au moins 45’000 enfants meurent chaque année de malnutrition au Cameroun, annonce l’UNICEF, l’agence des Nations Unies chargée de l’enfance. Dans son rapport consacré à ce pays, l’organisation parle d’"urgence silencieuse", car le Cameroun se présente comme une nation relativement stable de l’Afrique sub-saharienne. La situation de ce pays est cependant assombrie par les conflits et par la crise des réfugiés dans d’autres zones de la région.
Des milliers d’enfants dans le Nord, dans l’extrême Nord et dans l’Est de ce pays souffrent gravement de malnutrition. Selon les données diffusées au Cameroun du Nord, la malnutrition aiguë globale (MAG) - qui signifie un déficit de poids par rapport à la taille -atteint 12,6% de la population, touchant 115’000 enfants de moins de cinq ans. 40% des enfants - environ 350’000- souffrent de malnutrition chronique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie une MAG entre 10 et 14,9% de "grave"; à partir de 15% on est en présence d’une urgence.
La population du Nord et des régions de l’extrême Nord se monte à environ 4,9 millions de personnes, soit plus que la population totale du Libéria ou de la Mauritanie. Les causes de la malnutrition relevées par les Nations Unies au Cameroun sont nombreuses et variées, et semblables à celles de nombreux pays du Sahel: manque d’assistance médicale de base, insécurité alimentaire, accès minimum aux services pour la survie des enfants et nutrition insuffisante de l’enfance. L’isolement de ces régions y contribue aussi.
Arrivée de réfugiés de la République Centrafricaine et du Tchad
Les arrivées de réfugiés de la République Centrafricaine et du Tchad augmentent la difficulté des conditions de vie à l’Est et au Nord du Cameroun. La disponibilité à offrir l’hospitalité aux réfugiés fait honneur au Cameroun, soulignent les Nations Unies, ce qui avait aussi été exprimé par Benoît XVI dans son voyage dans ce pays africain en mars dernier.
L’UNICEF souligne aussi que de larges couches de la population camerounaise n’ont pas accès aux services médicaux de base, à l’eau potable et à une éducation de base. On souligne cependant les efforts des autorités gouvernementales pour faire face à ces besoins. Au Cameroun, Benoît XVI a parlé des problèmes d’un continent entier, en les portant à l’attention de l’opinion publique mondiale, avec la force de son autorité morale.
En arrivant à Yaoundé, Benoît XVI a parlé du continent africain dans son ensemble. "Ici en Afrique - a dit le pape - comme aussi dans d’autres parties du monde, d’innombrables hommes et femmes aspirent à entendre une parole d’espérance et de réconfort. Les conflits locaux font des milliers de sans abri et de nécessiteux, d’orphelins et de veuves. Dans un continent qui, dans le passé, a vu un bon nombre de ses habitants cruellement enlevés et déportés outre-mer pour travailler comme des esclaves, le trafic d’êtres humains, notamment de femmes et d’enfants sans défense, est devenu une forme moderne d’esclavage".
Le pape avait encore souligné qu’à une époque de manque général de nourriture, de désordre financier, de modèles perturbés, de changements climatiques, l’Afrique souffre de façon disproportionnée: "un nombre croissant de ses habitants deviennent la proie de la faim, de la pauvreté, de la maladie. Ils implorent à haute voix la réconciliation, la justice et la paix, et c’est précisément ce que l’Eglise leur offre". (apic/fides/be)