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Pour une nouvelle Constitution
Harare, 18 août 2008 (Apic) La Conférence épiscopale du Zimbabwe a appelé les participants aux pourparlers sur l’avenir du pays à ne pas précipiter la formation d’un gouvernement d’union nationale, mais à démanteler au plus vite les instruments de la violence, à rejeter l’impunité et à mettre en place une nouvelle culture politique, dans laquelle la responsabilité, l’inclusion, la transparence, la guérison et la réconciliation se trouveraient au centre.
"La crise au Zimbabwe est due au fait que le peuple a été exclu du pouvoir, de la participation au processus qui affecte sa vie, et des fruits de la croissance et du développement", ont indiqué les évêques dans un communiqué rendu public le 15 août. "Nous pensons donc que les négociateurs ne doivent pas se précipiter pour mettre en place un gouvernement d’union nationale", ont recommandé les évêques. Ils devraient plutôt trouver un accord de transition, qui, dans environ 18 mois, permettra l’élaboration d’une nouvelle Constitution, qui représentera le fondement de nouvelles élections, libres et équitables.
Le président sud-africain Thabo Mbeki a rencontré les principaux participants aux pourparlers sur un partage du pouvoir le 15 août, à la veille d’un sommet régional, a déclaré son porte-parole.
Les pourparlers entre Robert Mugabe, leader du parti Zanu-PF, Morgan Tsvangirai, dirigeant du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), qui a remporté la majorité des sièges aux élections législatives de mars, et Arthur Mutambara, responsable d’une faction dissidente du MDC, dans le but de mettre fin à la crise politique que Mbit le pays, sont au point mort depuis le 12 août. Morgan Tsvangirai n’a en effet pas accepté l’accord proposé.
"Une réunion aura lieu avec le président Mugabe, puis avec Arthur Mutambara, puis avec Morgan Tsvangirai", a indiqué Mukoni Ratshitanga, porte-parole du président Mbeki, selon l’agence de presse Reuters.
Par ailleurs, les évêques catholiques ont déclaré dans leur communiqué : "De l’époque coloniale à la période post indépendance, les gouvernements n’ont pas réussi à favoriser l’édification d’une société respectueuse de la dignité de toutes les personnes et garante de la sécurité, de la justice et de la paix. A l’inverse, l’exclusion économique, politique et sociale a encouragé la progression du racisme, de la confrontation ethnique, de la discrimination sexuelle et du pessimisme parmi les jeunes."
Les évêques ont ajouté : "D’un point de vue politique, le Zimbabwe est devenu une société profondément divisée et inégale, ou` ceux qui sont au pouvoir travaillent à la protection de leurs privilèges en privatisant les institutions d’Etat du pays. L’impartialité et le caractère national des pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif sont compromis. Nous voyons les magistrats, la police, l’armée et d’autres représentants des forces de sécurité prendre de plus en plus souvent des positions politiques en faveur du parti, aux dépens de la sécurité et de la liberté des citoyens."
"Avec l’aggravation de la crise politique, nous avons étés les témoins de l’intensification d’un discours haineux dans les médias et dans des réunions politiques, culminant par des intimidations, des abus sexuels, des viols, des violences et d’épouvantables assassinats de citoyens", ont déploré les évêques.
Robert Mugabe au centre des débats
A Johannesburg, le 15 août, le "Zimbabwe Exiles Forum" (ZEF), une organisation représentant une partie des plus de trois millions d’exilés zimbabwéens en Afrique du Sud, a lancé un appel urgent au tribunal de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour qu’il empêche le président zimbabwéen Robert Mugabe d’assister le 16 août à une réunion de cet organisme regroupant 12 pays d’Afrique australe.
Le porte-parole du ZEF, Gabriel Shumba, a déclaré : "Robert Mugabe n’a pas été légalement élu et il ne peut donc pas s’asseoir à la table de la SADC. Une action judiciaire ne devrait pas être nécessaire pour que la SADC reconnaisse cet état de fait."
Gabriel Shumba espère que le tribunal de la SADC va retirer l’invitation de l’organisation faite à Robert Mugabe pour qu’il participe au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Johannesburg, et qu’il va considérer que son élection est illégitime.
L’Afrique du Sud, qui occupe la présidence de la SADC, était en violation des principes de l’organisation, qui stipule clairement qu’un Etat membre doit agir conformément à ses lois et respecter les règles de la démocratie, a déclaré Gabriel Shumba. Il a souligné que la SADC avait considéré que le second tour de l’élection présidentielle zimbabwéenne, disputé le 27 juin uniquement par Robert Mugabe, n’était ni libre, ni équitable et qu’il ne reflétait pas la volonté démocratique du peuple. (apic/eni/js)