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Délégation juive au Vatican attendue
Rome, 4 mars 2008 Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, devrait prochainement faire une déclaration à propos de la récente modification de la prière pour la conversion des juifs dans le missel tridentin, a indiqué le 4 mars le cardinal Walter Kasper.
Le président de la Commission pontificale pour les relations avec le judaïsme et président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a par ailleurs annoncé la venue au Vatican d’une délégation juive pour évoquer cette question. Devant la presse, le prélat allemand a aussi évoqué le problème de la reconnaissance du Kosovo pour le Saint-Siège.
Lors d’une rencontre avec la presse à l’occasion de la présentation de deux ouvrages publiés pour son 75e anniversaire, le cardinal Walter Kasper a ainsi affirmé qu’une délégation juive de Jérusalem viendrait à Rome la semaine prochaine pour discuter au Vatican à propos de la nouvelle formule de la prière pour les juifs du vendredi saint. "La délégation de Jérusalem participera à des rencontres au Vatican et, en particulier, avec le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, Tarcisio Bertone", qui fera une déclaration sur ce problème.
« Après cette déclaration du cardinal Bertone, j’espère que les choses seront plus claires, non résolues mais plus claires, et je pense que nous pouvons dépasser cette irritation du monde juif ».
Le 5 février 2008, le pape avait rendu publique sa décision de modifier cette prière, y retirant les appels contestés à soustraire ce peuple de ses ténèbres et de l’aveuglement mais invitant toujours à prier "afin que Dieu et notre seigneur illumine" le "coeur" des juifs et afin qu’ils "connaissent Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes".
Suite à la modification de cette prière, la communauté juive à travers le monde avait fait part de son mécontentement et demandé une pause dans le dialogue. Récemment, pourtant, certains avaient demandé à reprendre ce dialogue.
Autres dialogues
Dialogue encore, avec les orthodoxes : peu avant la visite au Vatican du patriarche de Constantinople, Bartholomé Ier, le 6 mars prochain, le cardinal Kasper a aussi évoqué les rapports "très détendus" entre Rome et Constantinople.
Les rencontres avec les représentants du patriarcat orthodoxe ressemblent à des rencontres "entre amis et, grâce à cela, nous pouvons avancer". "L’oecuménisme, ce ne sont pas seulement des documents, mais (.) aussi les rapports interpersonnels" qu’il a considéré comme une "chose importante", surtout "quand il y a des moments de crise".
Le cardinal Kasper a également évoqué l’abandon, par "certaines Eglises protestantes" de "la communion sur des thèmes bioéthiques". "Mais cela ne signifie pas que nous ne dialoguons pas avec eux". "Il y a des différences avec les protestants comme avec les orthodoxes, et chaque dialogue a ses règles", a-t-il expliqué. Mais "nous sommes disponibles pour dialoguer avec tous ceux qui le veulent, sans préférence".
Au cours de cette conférence de presse, le cardinal Kasper a aussi évoqué la reconnaissance du Kosovo, après la proclamation d’indépendance de la province Serbe, le 17 février dernier. "Le Vatican n’a rien dit sur la reconnaissance du Kosovo et nous attendons encore". "Finalement, les grandes nations européennes s’orientent vers la reconnaissance et on verra ce que fera le Saint-Siège dans un avenir proche". Le Saint-Siège "comprend les préoccupations des Serbes parce que le Kosovo est le berceau de l’Eglise orthodoxe serbe et je comprends la souffrance que leur pose l’abandon du Kosovo", a-t-il ajouté.
Le prélat allemand a enfin affirmé, "comme le veut la pratique à l’âge de 75 ans", avoir "présenté (sa) démission au pape". "Mais je pense que je continuerai encore à travailler au Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens", a-t-il conclu. (apic/imedia/ms)