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    Inde: Appel des autorités indiennes aux fondamentalistes hindous avant la visite du pape

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    Le gouvernement se distancie des manifestations anti-Jean Paul II

    New Delhi, 25 octobre 1999 (APIC) Le gouvernement nationaliste indien s’est distancié des manifestations anti-Jean Paul II prévues par les fondamentalistes hindous à l’occasion de la visite du pape en Inde début novembre. Dans un appel aux leaders religieux hindous, les autorités indiennes leur ont demandé de faire preuve de retenue.

    Membre du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), récent vainqueur des élections indiennes, Lal Krishna Advani, le ministre indien chargé de la sécurité intérieure, a pris publiquement ses distances avec les manifestations anti-papales organisées par les fondamentalistes hindous. Ces derniers ont mis sur pied une marche de protestation sur une distance de 1’575 km, partant de l’ancienne colonie portugaise de Goa, au sud-ouest de l’Inde, jusqu’à la capitale de l’Union indienne, New Delhi, que les manifestants devraient atteindre le 4 novembre, la veille de l’arrivée de Jean Paul II. Lal Krishna Advani a qualifié cette démarche d’opposition de "non appropriée" quand il s’agit d’un hôte de l’Etat. "Et le pape visite l’Inde en qualité de chef d’Etat", a-t-il précisé ce week-end au quotidien "The Indian Express".

    Les fondamentalistes hindous exigent des excuses du pape

    Certains historiens indiens avancent le fait que 75’000 personnes qui résistaient à la conversion au christianisme auraient été mises à mort il y a quatre siècles. A l’époque coloniale, des temples hindous ont été rasés et de nombreux hindous ont dû fuir Goa pour échapper à la persécution, affirment les militants locaux. "Si vous voulez venir en Inde, nous n’avons aucun problème, mais vous devez demander pardon pour les atrocités du passé et les conversions doivent cesser", lance Sadhvi Ritambara, un moine hindou radical. Les mouvements fondamentalistes "Vishwa Hindu Parishad (VHP) et Bajrang Dal ont décidé de lancer une campagne de propagande et de distribuer des tracts exigeant des excuses du pape Jean Paul II pour les "conversions forcées du passé".

    Le VHP (Conseil Mondial Hindou), une organisation religieuse liée au parti au pouvoir BJP, a prévu des manifestations à travers tout le pays pour que le pape demande pardon publiquement pour les soi-disant conversions forcées d’Indiens des milieux pauvres par des missionnaires chrétiens. Ces accusations ont été vigoureusement démenties par l’archevêque catholique de New Delhi, Alan Basil de Lastic, président de la Conférence épiscopale indienne.

    Plus d’une centaine d’attaques anti-chrétiennes en une année

    Du côté de l’Eglise, on insiste sur le fait que si des troubles éclatent à l’occasion de la visite du pape, l’image internationale de l’Inde n’en sortira pas grandie. Les autorités indiennes sont déjà sous le feu de la critique des défenseurs des droits de l’homme pour ne pas avoir assuré la sécurité des minorités religieuses dans le pays. En un an, les communautés chrétiennes de l’Inde ont été la cible d’une bonne centaine d’agressions de la part des militants fondamentalistes hindous, et plusieurs chrétiens ont trouvé la mort dans ces attaques, comme le missionnaire australien Graham Stuart Staines, brûlé vif avec ses deux jeunes enfants en janvier dernier par des fanatiques hindous dans l’Etat d’Orissa. C’est dans ce même Etat que le 2 septembre dernier était assassiné le Père Arul Doss par des militants masqués. L’Inde compte quelque 820 millions d’hindous, 120 millions de musulmans, 23 millions de chrétiens et autant de sikhs.

    Lundi 25 octobre, Mgr Alan de Lastic a publié à New Delhi une déclaration rappelant que l’Asie est un "continent religieux" sur lequel sont nées toutes les grandes religions.

    "Jésus Christ aussi est originaire d’Asie, mais le monde n’a pas encore médité sur ce fait", estime-t-il. Pour le président de la Conférence épiscopale indienne, la visite du pape va aider l’Eglise catholique à dialoguer avec les autres religions et à annoncer le Christ dans une société multiculturelle et plurireligieuse. Et l’archevêque de New Delhi de souligner que le pape Jean Paul II enseigne qu’il y a aussi des valeurs et de la vérité dans les autres religions. "Il s’agit là du point de départ pour un dialogue".

    Mgr de Lastic qualifie de positif le fait que l’ensemble des évêques catholiques en Inde soient des autochtones. L’archevêque indien pense que le pape va encourager l’Eglise locale à s’insérer dans l’ethos indien et à accueillir la culture indienne. Cela aidera l’Eglise indienne à définir les défis auxquels elle doit faire face, relève-t-il. Sans faire directement allusion aux attaques violentes dont sont victimes les chrétiens en Inde, Mgr de Lastic espère que la visite du pape en novembre prochain encouragera les chrétiens à ne pas changer leur identité et à ne pas renoncer à ce qui fait leur essence, "même s’ils sont attaqués ou ignorés". (apic/kna/indtimes/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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