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Emilie d’Oultremont, fondatrice des Sœurs de Marie Réparatrice
Bruxelles, 7 octobre 1997 (APIC) Emilie d’Oultremont, en religion Mère Marie de Jésus, fondatrice de la Congrégation religieuse de Marie Réparatrice sera béatifiée dimanche 12 octobre à Rome. Un honneur qui rejaillit sur sa Belgique natale et sur les quelque 1’000 religieuses de la Congrégation actives dans une vingtaine de pays. Avant de devenir religieuse, Emilie d’Oultremont fut d’abord mère de famille.
Née le 11 octobre 1818 à Wégimont, à une douzaine de km de Liège, dans une famille catholique de l’aristocratie, Emilie d’Oultremont grandit dans un milieu qui lui ouvre l’esprit aux idées et aux réalités de son temps. Son père est ambassadeur à Rome et elle l’accompagne plusieurs fois. Elle découvre aussi très jeune la spiritualité d’Ignace de Loyola, le fondateur des Jésuites, qui restera pour elle un "Père" et un "Maître".
Cette jeune femme qui se sent attirée vers une vie consacrée à Dieu est pourtant destinée au mariage par ses parents. En 1837, à l’âge 19 ans, elle épouse un jeune Belge, catholique convaincu comme elle, Victor Van der Linden, baron d’Hooghvorst. Ce sera un mariage heureux. Quatre enfants naissent. Mais en 1847, leur papa est emporté par la maladie.
Madame d’Hooghvorst se retrouve veuve à 29 ans. Elle repense alors de plus belle à une parole intérieure qu’elle a entendue, lors d’une soirée mondaine. "Tu vois et tu entends ce que le monde donne ; tu sens en toi le bonheur que Moi, Jésus, je te donne ; choisis l’un de ces deux bonheurs." Emilie a déjà opté pour Dieu : "A dater de ce moment, je compris qu’il y aurait entre Lui et moi une union que plus rien ne briserait." Ce choix se confirme. Le 8 décembre 1854, jour où le pape proclame le dogme de l’Immaculée Conception, Emilie est en prière dans la chapelle du château de Bauffe, en région liégeoise. "J’avais soif de la vie retirée, de la vie inconnue et je cherchais depuis longtemps un moyen de me séparer de tout pour donner à Dieu plus librement ce que mon coeur avait besoin de lui consacrer", dira-t-elle. Elle prie Marie de l’éclairer sur ce que le Christ attend. La réponse ne tarde pas. Emilie confiera plus tard qu’elle était "poussée à embrasser la vie religieuse, assemblant autour de moi des âmes qui, comme moi, voudraient consacrer leur existence à une vie de réparation et à suivre Marie qu’elles prendraient pour Mère et pour modèle dans l’amour à témoigner à Jésus..."
Fin décembre 1854, Emilie quitte la région liégeoise pour Paris. Elle emmène ses filles, leurs gouvernantes et ses domestiques. Les deux jeunes gouvernantes la suivent aussi dans son projet religieux. C’est le début d’une nouvelle famille religieuse. La fondatrice prend le nom de Marie de Jésus. La Congrégation se forme à Strasbourg le 1er mai 1857 : ce sera la Société de Marie Réparatrice. Rome approuvera les statuts en 1869. La fondatrice ne verra pas l’approbation des premières Constitutions en 1883. Fin 1877, elle revient de Rome pour se rendre en Belgique, mais son état de santé la contraint de s’arrêter en route chez son fils Adrien, à Florence. C’est là qu’elle meurt, le 22 février 1878.
Un millier de religieuses
Aujourd’hui, les religieuses de Marie Réparatrice sont un bon millier à travers le monde, dans une vingtaine de pays, à commencer par l’Espagne. En Belgique, elles ne sont plus qu’une trentaine, réparties en quatre maisons: Une demi-douzaine de religieuses de Belgique accompagneront leur provinciale à Rome pour la béatification de Mère Marie de Jésus. Mgr Albert Houssiau, évêque de Liège, fera aussi le voyage à Rome pour l’événement. (apic/cip/mp)