Somalie: Possible retour à l’application de "sharia", la loi islamique
Les chefs de clans divisés
Nairobi, 10 octobre 1999 (APIC) Une nouvelle disposition visant à restaurer en Somalie l’application de la "sharia", la loi islamique, divise les différents chefs de clans dans ce pays. La décision de réinstaller la "sharia", abolie en 1997 à la suite de troubles a été prise par des sages du pays.
Les vieux ont justifié le retour de l’application de la sentence islamique dans certaines régions de l’intérieur du pays, dans le but de freiner la montée en puissance de la criminalité et de mettre fin à l’effusion de sang provoquée par les nombreuses luttes entre clans rivaux. La réintroduction de la loi islamique devrait s’accompagner de la création d’une nouvelle cour suprême qui, à son tour, pourrait s’appuyer sur des milices armées et des enquêteurs "spéciaux".
Des clans dits modérés ont cependant refusé le retour de la "sharia" comme système juridique. Tout comme les tribunaux islamiques, chargés de son application. Leur argument tient au fait qu’instaurer la loi islamique qui prône la loi du talion, équivaut à favoriser et développer l’intégrisme islamique. Les opposants à la "sharia" ont estimé que son application fera de leur pays "un sanctuaire" pour l’extrémisme religieux. "Nous sommes musulmans et aimons notre religion, mais nous ne voulons pas que notre religion soit transformée en un sanctuaire pour les terroristes (...)", a déclaré un leader de clan, le cheikh Huwa.
Les partisans de la restauration de la "sharia" rejettent ces arguments. Selon eux, l’imposition de la loi islamique n’a rien à voir avec la promotion des idéaux de l’intégrisme islamique.
La Somalie est dépourvu de gouvernement central depuis la chute, en 1991, du régime de Mohamed Siad Barré, considéré par ses adversaires politiques comme un dictateur. Le pays est depuis dirigé par des fractions tribales qui arment des miliciens. L’intervention militaire de la communauté internationale, en 1992, sous le couvert de l’ONU, n’avait pas permis de restaurer un pouvoir central dans le pays. (apic/ibc/tg)