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Lubanga aurait utilisé des enfants soldats en Ituri
Kinshasa, 29 août 2006 (Apic) L’accusation de crimes de guerre pour "enrôlement et conscription d’enfants de moins de 15 ans" a été formalisée par la Cour pénale internationale (Cpi) contre Thomas Lubanga Dyilo. L’ex-chef rebelle du nord-est du Congo RDC est détenu à La Haye depuis mars dernier.
Lubanga, 45 ans, premier détenu de la Cour pénale internationale (Cpi), aurait utilisé des enfants soldats "pour prendre une part active aux hostilités" au Congo RDC, dit l’acte d’incrimination déposé le 28 août par la Cpi. Comme le prévoient les statuts de la Cpi, les charges présentées seront débattues par la défense, le 28 septembre prochain, et à l’issue de cette audience sera établie l’inculpation formelle.
D’ici là, la défense devra porter une liste des preuves qu’elle entend présenter à cette date. Selon le procureur adjoint de la Cpi et responsable du dossier, Fatou Bensouda, "plus de 30’000 enfants soldats étaient sous les ordres de Lubanga durant la phase la plus intense du conflit en Ituri", qui a duré de 1998 à 2003. Lubanga a été un des chefs de milice à la solde de l’Ouganda et du Rwanda dans la région nord-orientale de l’Ituri, où les violences ont continué même après la signature de la paix en 2003. Les diverses formations rebelles locales, durant la guerre, ont garanti l’exploitation d’énormes ressources minières de la part d’entreprises internationales, avec le soutien des gouvernements voisins ou, dans certains cas, des autorités de Kinshasa, ce que prouvent de nombreux rapports de l’Onu.
Selon l’accusation, au moins 6 personnes seraient disposées à témoigner contre l’ex-chef rebelle pour des faits relatifs à la période du 1er juillet 2002 (date d’entrée en vigueur de la Cpi) au 31 décembre 2003; Lubanga a toujours rejeté toute accusation. L’enquête le concernant avait été ouverte après une demande formulée par le gouvernement de Kinshasa en mars 2004. D’autres enquêtes sont en cours pour violations des droits humains en Ouganda et République Centrafricaine, engagées après des requêtes formulées par les gouvernements respectifs .Plusieurs autres ex-chefs rebelles sont accusés de graves violations dans l’ex-Zaïre, tandis que le candidat au ballottage pour la présidence congolaise - le scrutin est prévu fin octobre - Jean-Pierre Bemba pourrait - selon d’aucuns - être interrogé dans le cadre de l’enquête sur la Centrafrique (apic/misna/vb)