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Londres, 18 décembre 2005 (Apic) Les paroisses sont très actives dans l’aide aux plus démunis. Particulièrement pendant la période de l’Avent, où les marchés de Noël destinent leurs les bénéfices aux pauvres. Les sommes bénéficiaires vont notamment aux "shelters", refuges qui accueillent les sans-abri. On recueille aussi de la nourriture en boîte, des gants, des chaussettes, du savon, des serviettes, des chaussures et des manteaux qui sont ensuite redistribués à ceux qui en ont besoin. Pendant la période de l’Avent, douze volontaires ont décidé de vivre pendant une semaine avec un paquet de nourriture et cinquante Livres (114, 25 CHF), l’équivalent de ce que donne le gouvernement anglais aux réfugiés. Il s’agit bien sûr d’une protestation, appuyée par 45 responsables religieux chrétiens, dont l’évêque catholique romain Mgr Patrick O’Donoghue, responsable du secteur immigration pour les évêques anglais, et l’archevêque de Glasgow Mgr Mario Conti. Cette initiative est promue par l’oeuvre de charité oecuménique "Church Action on poverty". Des milliers de messages de protestation seront envoyés pendant le mois de décembre au Ministre de l’Intérieur Charles Clarke, que les protagonistes rencontreront en janvier prochain.
Europe: Situation de l’éducation religieuse dans six pays européens
Rapport du Ceec présenté à Rome
Rome, 18 décembre 2005 (Apic) Le Comité européen pour l’enseignement catholique (Ceec), par la voix d’Etienne Verhack, secrétaire général, a tracé un aperçu de l’éducation religieuse dans cinq nations européennes: France, Hollande, Belgique, Grande Bretagne et Hongrie.
Dans sa contribution au VIIe Rapport sur l’école catholique en Italie dirigé par le Centre d’études sur l’école catholique (Centro studi per la scuola cattolica), Etienne Verhack, secrétaire général du Comité européen pour l’enseignement catholique a comparé cinq pays. L’éducation religieuse en France, Hollande, Belgique, Grande Bretagne et Hongrie est analysée. Les quatre premiers pays ont été choisis parce qu’ils sont situés dans le nord du continent. Soit "dans des sociétés où la sécularisation est plus forte"." Il est donc intéressant", aux yeux du secrétaire général du Ceec, de "voir comment les écoles catholiques tentent de trouver une réponse".
En France, le rapport de la Ceec relève l’inculture religieuse. Dans la majorité des écoles catholiques conventionnées "il n’y a pas d’enseignement religieux comme cela se fait dans les autres pays". Cela parce que la laïcité (Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat) ne le permet pas", observe Etienne Verhack. Toutefois, depuis le Rapport Debray sur l’enseignement du fait religieux à l’école publique (2002), entre autres, la question de "l’enseignement du fait religieux" demeure ouverte.
France: absence de culture religieuse
Selon les enseignants, depuis au moins trente ans, "l’absence de culture religieuse des élèves" rend difficile même "l’enseignement de l’histoire et de la littérature". D’où la nécessité de "mettre à profit de la meilleure manière possible l’heure de ’culture religieuse’ en coordonnant trois niveaux: la dimension culturelle de la foi chrétienne, la dimension religieuse de la culture en général, la présentation intelligente du christianisme à tous les élèves."
Parmi les principaux réseaux de congrégations religieuses actives en France dans le secteur de l’instruction, le secrétaire général du Ceec évoque celle de Saint Vincent de Paul, avec ses 70 établissements de tous ordres et tous degrés et les 40 instituts "lassalliens". Il relève que les lycées techniques et professionnels sont "notamment fréquentés par de jeunes musulmans dans des proportions pouvant atteindre dans certains cas les 75%.
Hollande, Belgique, Grande Bretagne
En Hollande, la religion est une affaire privée, note le rapport du Ceec,dont "on ne tolère pas qu’elle soit exprimée ou rendue visible en public. Dans les écoles catholiques, "bien subventionnées et libres de leurs choix, le lien avec l’Eglise institutionnelle est pratiquement perdu chez la plupart des jeunes et chez une bonne part des enseignants" et même dans les familles. "Les parents eux-mêmes se montrent presque gênés de parler ouvertement de l’inspiration qu’ils tirent de leur foi."
En Belgique, on a mis sur pied une formation permanente pour les enseignants de religion. Dans la région flamande a été lancé depuis 2002 le "projet Thomas", qui vise à offrir aux enseignants de religion et aux éducateurs oeuvrant dans la pastorale un espace de dialogue et de confrontation. La commission pour la pastorale scolaire et le secrétariat flamand de l’école catholique promeuvent des projets de formation permanente pour les professeurs de collège et lycée. Les initiatives sont analogues en Belgique francophone, même si l’on y rencontre plus de difficultés dans le secondaire que dans le primaire.
En Grande Bretagne, "dans les écoles catholiques, on cherche à ne pas confiner l’éducation religieuse au seul cours d’enseignement du catéchisme. On tente de la développer à travers l’apport des autres matières enseignées. D’où le rôle de témoignage des valeurs spirituelles de la part des communautés et l’importance de la leadership et de la crédibilité morale du chef d’établissement", relève Etienne Verhack
En Hongrie, choisie pour sa situation en Europe centrale et orientale, l’école catholique magyare accueille surtout des élèves catholiques. Les professeurs de religion sont des prêtres ou des laïcs formés dans les lycées ou les Facultés de théologie, mais dépourvus "de formation pédagogique ou didactique."
En Italie, un solide terreau humaniste et chrétien
En Italie, avec ses 10’957 établissements d’instruction (pour un total de plus de 650’000 élèves, dont plus de 5’000 handicapés et plus de 20’000 étrangers), l’école catholique italienne, lit-on dans le rapport, "joue un rôle non négligeable dans le chantier de la formation intellectuelle et dans l’effort éducatif."
Pour la Conférence épiscopale italienne, "le mandat missionnaire de l’église catholique consiste à élaborer un ethos civil capable de se relier aux graines d’un humanisme fortement enraciné dans une large part de la population, alimentées par la tradition chrétienne." Les professeurs de religion catholique sont plus de 20’000. "Même le dialogue inter-religieux et interculturel, inévitable devant la présence croissante d’élèves appartenant à une religion différente, peut constituer un défi positif." Les professeurs ont notamment exprimé "le besoin d’une formation approfondie, et celui de conjuguer sciences humaines et sciences théologiques."
En conclusion, le rapport du Ceec insiste sur la formation des professeurs de religion, mais aussi de tout le corps enseignant. Et des chefs d’établissement. En particulier, la promotion du dialogue entre science et foi. Le rapport propose aussi l’instauration de systèmes de collaboration entre enseignants, paroisses, groupes et communautés religieuses. Ainsi qu’une formation personnelle des jeunes visant à les rendre aptes à argumenter solidement leurs propres convictions religieuses. Le rapport voit là les principales actions à entreprendre dans tous les pays européens
En ce qui concerne l’Europe centrale et orientale, "il est urgent que les Conférences épiscopales constituent pour les écoles catholiques de vrais secrétariats généraux. Ces derniers seraient chargés de prendre à coeur la défense juridique de la liberté d’enseignement et de rendre plus ’professionnelle’ la formation des enseignants. Le manque de formation pédagogique et didactique signalée en Hongrie pourrait signifier que même les jeunes d’Europe centrale et orientale ne sont plus aussi ’réceptifs’ qu’on pouvait le croire à l’égard de la religion catholique", conclut le rapport du Ceec. (apic/sir/vb)