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    Somalie : Les insurgés d’Al-Shabab empêchent l’accès aux camps de Mogadiscio

    750’000 personnes risquent la mort

    Nairoibi, 8 septembre 2011 (Apic) Les milices d’Al-Shabab ont empêché des dizaines milliers de personnes qui fuyaient les régions somaliennes frappées par la sécheresse d’accéder à l’aide humanitaire à Mogadiscio. Ils les ont emmenées de force à 50 kilomètres au sud de la capitale, dans un camp de fortune où l’aide est extrêmement limitée, dénonce l’agence d’information des Nations Unies pour les réfugiés IRIN.

    "Ces gens voulaient aller à Mogadiscio pour obtenir de l’aide. Et au lieu de cela, ils ont été amenés ici," a dit un journaliste de Mogadiscio qui s’est rendu au camp K50. 45’000 réfugiés y vivent dans des abris inadéquats, sous la menace croissante de la maladie et de la faim. "Ces gens sont devenus des pions. Ils ne comprennent pas pourquoi ils ne reçoivent pas la même attention que les réfugiés de Mogadiscio", a t-il ajouté, sous couvert de l’anonymat.

    A Mogadiscio, des centaines de milliers de personnes ont désormais accès à de la nourriture et à l’aide humanitaire. Mais l’insécurité empêche toujours de nombreuses agences humanitaires internationales d’atteindre les zones extérieures à la capitale, même des zones aussi proches que le K50.

    Selon un travailleur humanitaire de la capitale, les hommes d’Al-Shabab empêchent les personnes déplacées d’atteindre la ville pour deux raisons : "Premièrement ils ne veulent pas abandonner la zone qu’ils contrôlent. Deuxièmement, ils ne veulent pas donner l’impression d’être incapables d’aider les démunis. Leur départ étant considéré comme le signe de l’absence de confiance dans le groupe d’Al-Shabab."

    Dans l’enceinte du camp K50, se trouvent quelque 7’500 familles soit 45’000 personnes. Quand ils arrivent, surtout de Bay et de Bakool, deux régions du sud frappées par la sécheresse, beaucoup de gens souffrent de malnutrition et arrivent avec des enfants qui sont eux aussi malnutris. "Le jour où j’étais dans le camp, six enfants sont morts et certains jours, il en meurt encore davantage", indique la même source.

    Dans son rapport du 5 septembre, l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition de l’ONU (FSNAU) a indiqué qu’au moins quatre millions de personnes étaient en situation de crise en Somalie, dont 750’000 qui risquent la mort dans les quatre prochains mois en l’absence d’une réponse adéquate. (apic/irin/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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