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Le camp de réfugiés était contrôlé par les militaires
Colombo, 22 novembre 1999 (APIC) Les évêques du Sri Lanka ont dénoncé lundi la "profanation" du sanctuaire marial de Madhu, bombardé dimanche au cours des combats qui opposent l’armée gouvernementale aux indépendantistes du mouvement de guérilla des Tigres pour la Libération de l’Eelam Tamoul (LTTE). L’attaque du sanctuaire catholique situé dans le district de Mannar, au nord de l’île, a fait au moins 40 morts et une soixantaine de blessés. 3’000 personnes avaient trouvé refuge dans son enceinte "démilitarisée", mais où se trouvaient 300 soldats gouvernementaux.
Pour l’Eglise catholique, ce bombardement était une "tragédie annoncée". Le bombardement d’artillerie, attribué par les autorités de Colombo aux LTTE, a également détruit une chapelle dédiée au Sacré Cœur. Les responsables de la guérilla tamoule ont démenti avoir visé la structure religieuse. Ils ont accusé les troupes gouvernementales en parlant d’un "tir de barrage".
Les évêques sri-lankais parlent de "profanation" du lieu. Le sanctuaire de Madhu est un lieu de culte de plus de 4 siècles, qui abrite un centre d’accueil dans lequel plus de 23’000 personnes chassés par les combats ont trouvé refuge ces 7 dernières années. Beaucoup d’entre eux ont profité du système de "camps de rassemblement ouvert" mis en place par le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR) pour accueillir les civils. D’autre part, par tradition, la zone de Madhu était une "zone démilitarisée", tandis que le sanctuaire était visité tant par les membres de la minorité tamoule que par les Cinghalais, chrétiens, hindous et bouddhistes.
L’armée gouvernementale de Colombo avait décidé au printemps dernier de diriger la structure d’accueil des réfugiés, suscitant ainsi les protestations de l’évêque de Mannar, Mgr Joseph Rayappu, qui craignait que le camp ne soit de ce fait pris pour cible, rapporte lundi l’agence missionnaire MISNA à Rome. Il avait pressenti que la présence des armes ferait perdre le respect de la neutralité des lieux et mettrait en danger la vie des réfugiés. (apic/kna/misna/be)