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"Une vision triste et lugubre"
Nairobi, 29 mai 2005 (Apic) Des responsables de médias chrétiens dénoncent "l’impression triste et lugubre qui est donnée de l’Afrique dans les médias", lors du Congrès mondial annuel de l’Institut international de la presse (IPI), tenu à Nairobi, au Kenya, du 21 au 24 mai.
"Les médias internationaux tendent à exagérer et à donner trop d’importance à l’aspect négatif en écartant les récits positifs concernant l’Afrique", a déclaré le directeur du centre de formation à la communication de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA), Polycarp Ochilo, au correspondant d’ENI. "Il est vrai qu’il y a des troubles sur le continent. Mais il y a aussi des points positifs", a-t-il fait remarquer.
Plusieurs intervenants ont déploré que les articles des médias concernant le continent africain se concentrent sur la maladie, la pauvreté, le sous- développement, la guerre, la famine et la corruption. Mais Wilfred Kiboro, président de l’IPI, a fait remarquer que le nombre de conflits en Afrique avait baissé d’environ 50% ces quatre dernières années, et que les longues guerres avaient été réglées ou étaient en train de l’être.
S’adressant aux 300 délégués, le président rwandais Paul Kagame a souligné que l’Afrique doit assumer sa responsabilité concernant la situation qui continue de susciter ce genre de reportage "négatif" sur l’Afrique.
"Nous devons nous demander pourquoi nous avons cette image de grande pauvreté, de famine, de maladie, de corruption et de continent déchiré par les guerres civiles", a-t-il lancé. "Les références faites plus tard par les médias aux tueries tribales, à la guerre civile, à l’anarchie et au chaos ont éclipsé et minimisé le génocide qui avait lieu et la complicité de certaines puissances occidentales", a affirmé le président, en ajoutant que le tableau était faussé dans l’intérêt des clients occidentaux.
Pourtant, dans son discours d’ouverture, même si le président Kagame a mis l’accent sur la nécessité fondamentale de changer la manière dont les médias couvrent l’Afrique, il a tout de même reconnu que "les Africains doivent accepter d’être responsables de cette triste situation". (apic/eni/vb)