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Abou Ghraïb n’est que la "partie émergée de l’iceberg"
New York 19 mai 2005 (Apic) Human Rights Watch (HRW), organisation de défense des droits de l’Homme, affirme que les photos d’Abou Ghraïb, en Irak, montrant des soldats US torturants des prisonniers, ne sont que la "partie émergée de l’iceberg" en matière de traitements infligés aux prisonniers par les Américains. Les abus concerneraient des détenus musulmans en de nombreux endroits du monde.
Dans un rapport publié un an après la diffusion des photos à l’origine du scandale de la prison d’Abou Ghraïb, en Irak, qui montraient des soldats US infligeant des sévices à des détenus irakiens, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch juge que les pratiques à Abou Ghraïb s’inscrivent dans un cadre plus large de sévices infligés aux détenus en Afghanistan, sur la base de Guantanamo et ailleurs, notamment dans les pays vers lesquels les Etats-Unis expulsent leurs prisonniers.
"Abou Ghraïb n’était que la partie émergée de l’iceberg", accuse Reed Brody, conseiller juridique de l’organisation de défense des droits de l’homme basée à New York, Human Rights Watch, dans un communiqué. "Il est désormais évident que des sévices ont été infligés partout, d’Afghanistan à Guantanamo, en passant par des pays utilisés comme cachots par les Etats- Unis. Et certainement dans plusieurs autres endroits dont nous n’avons même pas connaissance", ajoute-t-il. L’organisation se dit également persuadée que les Etats-Unis continuent à utiliser des méthodes d’interrogatoires dites coercitives.
"A travers le monde, les Etats-Unis ont humilié des détenus musulmans à travers leurs croyances religieuses," indique encore Reed Brody. HRW indique avoir recueilli le témoignage d’ex-détenus, dont trois Britanniques et un Russe, qui prétendent avoir vu le Coran bafoué par des Américains chargés des interrogatoires. Selon Erik Saar, un ancien interprète à Guantanamo, les gardiens jetaient régulièrement le livre sacré sur le sol, ajoute HRW.
Le magazine Newsweek avait écrit le 9 mai que des gardiens américains avaient jeté un Coran dans des toilettes de la prison de Guantanamo, afin d’intimider les prisonniers musulmans, dans le cadre de leurs interrogatoires. L’article avait suscité de violentes manifestations anti- américaines en Afghanistan et une polémique aux Etats-Unis.
L’hebdomadaire avait même dû reculer, expliquant que sa source, non identifiée, s’était finalement rétractée. (apic/hrw/vb)