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    Géorgie: L’analyse du patriarche IIia II après la visite du pape en Géorgie

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    "Si les catholiques pouvaient s’abstenir de faire du prosélytisme"

    Tbilissi/Rome, 17 novembre 1999 (APIC) La visite de Jean Paul II à Tbilissi a été "un grand pas en avant dans le dialogue", estime le patriarche orthodoxe de Géorgie Ilia II, dans une interview au quotidien catholique italien "Avvenire" une semaine après la visite du pape en Géorgie. Ilia II met cependant un bémol. Les relations entre catholiques et orthodoxes, dit-il, sont "assez bonnes" en Géorgie, mais elles seraient meilleures si "les catholiques s’abstenaient de faire du prosélytisme".

    "Cette visite nous a remplis de joie, car c’est la première fois en 2000 ans que le pape de Rome vient dans notre pays, poursuit néanmoins le patriarche. "Du point de vue religieux, je crois pouvoir dire qu’elle a eu une importance énorme, dans la mesure où elle a représenté la rencontre entre les deux Eglises les plus anciennes du monde", l’Eglise catholique romaine fondée par saint Pierre, et, selon lui, "l’Eglise géorgienne, fondée par saint André..."

    Selon le patriarche, l’accueil réservé au pape par son Eglise a été "chaleureux et hospitalier à tous les niveaux". S’il n’y a pas eu de prière commune, c’est parce que ce n’est "pas encore possible" et que, en outre, "une telle décision ne regarde pas une seule Eglise, mais l’ensemble des Eglises orthodoxes".

    Interrogé sur le retrait de son Eglise du Conseil oecuménique des Eglises (COE) en 1997, Ilia II note que l’Eglise catholique n’en fait pas non plus partie et ne participe à ses travaux qu’en qualité d’observateur. Le COE "exprime surtout le point de vue des Eglises protestantes", dit-il. "Nous avons décidé d’en sortir parce qu’il nous a semblé que l’on n’y tenait pas suffisamment compte de la tradition de l’Eglise orthodoxe, sans parler du sacerdoce des femmes, une idée qui va contre toute la tradition, et que nous repoussons fermement... L’Eglise orthodoxe est très attachée à la tradition et entend à nouveau proposer l’unité et la communion de l’Eglise primitive. Les chrétiens doivent s’efforcer de retourner à cette origine. C’est dans cet esprit que l’on peut se rapprocher l’un de l’autre".

    Les limites de l’oecuménisme

    En Géorgie, les relations entre catholiques et orthodoxes sont "assez bonnes", juge encore le patriarche. "Elles seraient meilleures si dans des pays de grande tradition orthodoxe comme la Russie et la Géorgie, les catholiques ne tombaient pas parfois dans la tentation de faire du prosélytisme", ajoute-t-il. "Si l’Eglise catholique veut aider la Géorgie, qu’elle aide avant tout son Eglise orthodoxe" Ilia II précise ici ce qu’il entend par "oecuménisme", qui a deux sens différents: " S’il signifie dialogue, nous sommes d’accord. Malheureusement, dans de nombreux cas, il ne sert qu’à masquer l’abandon de la tradition authentique de l’Eglise, et cela nous ne pouvons l’accepter".

    Pour le patriarche, la Géorgie n’a pas de rôle particulier à jouer dans les relations entre le Vatican et le patriarcat de Moscou. Ce n’est pas nécessaire, affirme-t-il, car il y a entre eux déjà beaucoup de contacts et d’échanges de délégations, même s’il y a "de gros problèmes qui doivent encore trouver des solutions, comme celui des Uniates en Ukraine occidentale".

    Interrogé enfin sur l’impression personnelle laissée par Jean-Paul II, presque vingt ans après sa propre visite au Vatican, le patriarche géorgien répond: "Je crois qu’il est encore plus fort qu’au début. Je ne parle pas seulement de force intérieure. Son courage dans la fatigue qu’il supporte pour réaliser ce qui lui tient à coeur m’a frappé... Si le monde a changé, surtout de notre côté, c’est surtout grâce à lui". /apic/imed/pr)

    Rome: Bref bilan du pape de sa visite en Géorgie

    Rome, 17 novembre 1999 (APIC) Le pape est revenu un bref instant sur le voyage qui l’a conduit en Géorgie il y a une semaine, pour souligner l’"entente cordiale" qui a présidé à sa rencontre avec le patriarche géorgien Ilia II.

    "C’était mon ardent désir de rendre hommage au témoignage que l’Eglise de Géorgie a rendu au cours des siècles et de construire de nouveaux ponts entre les chrétiens, pour qu’ils puissent, au début du troisième millénaire chrétien, s’efforcer ensemble de proclamer au monde l’Evangile d’un seul coeur et d’une seule âme", a déclaré le pape au cours de l’audience générale du mercredi.

    Le pape, qui semblait légèrement enrhumé, avait cependant une voix assez claire. "La Géorgie vit une période très importante", a-t-il dit, en évoquant les "grands défis économiques et sociaux" auxquels elle doit faire face.

    Après avoir fait allusion à sa "rencontre cordiale" avec le patriarche Ilia II et à sa visite au président Chevarnadze, le pape a rendu hommage à "la petite mais fervente communauté catholique du Caucase", qui est "en train de renforcer progressivement sa vie et ses structures". Impressionné par le "nombre inattendu" des catholiques présents à sa messe le 9 novembre au Palais des sports de Tbilissi, il a dit y voir "un signe d’espérance sûr pour l’avenir de l’Eglise dans toute cette région". Il a enfin invité les catholiques géorgiens à offrir leur contribution à la construction de leur pays. (apic/imed/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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