APIC - Dossier (III)
Sixième voyage de Jean Paul II en Afrique (050489)
La Réunion
Bruxelles, 5avril(APIC/CIP) Jean Paul II se rendra sur l’Ile de la Réunion, lors de son voyage en Afrique du 28 avril au 6 mai prochain. Le pape
va y béatifier le Frère Scubillon (1797-1867) un missionnaire français arrivé à La Réunion en 1833.
Située à 700 km à l’Ouest de Madagascar, l’Ile de La Réunion a une superficie de 2.512 km2 et une population de 560.000 habitants. Découverte
par les Portugais au début du 16e siècle, elle resta longtemps inhabitée.
L’occupation française date de 1642. A ce moment, l’île s’appelait Bourbon.
Suite à l’introduction de la culture du café, et donc du recours au travail
d’esclaves, la population passera au 18e siècle d’un bon millier à 60.000.
Le 19e siècle sera celui de la culture du sucre, mais aussi celui de
l’affranchissement des esclaves.
La population actuelle comprend 40% de créoles, 35% d’Asiatiques et 25%
de Blancs. Depuis 1946, l’île est un Département Français d’Outre-Mer (chef
lieu : Saint-Denis). Fortement aidé par la Métropole, distante de plus de
9.000 km, ce département connaît de sérieux problèmes économiques. On veut
y copier le style de vie français alors qu’une forte démographie entraîne
un chômage exceptionnel : en 1988, 39% de la population active ne disposent
pas d’un emploi.
Officiellement, le pays est catholique à 96%, mais ce chiffre ne doit
pas faire illusion : dans la population d’origine africaine, magie et
sorcellerie restent très vivaces : chez les Asiatiques, le baptême n’a pas
été accompagné d’une évangélisation en profondeur. La pastorale a
fonctionné longtemps sur une illusion de chrétienté. Les efforts actuels
portent sur l’éveil et la formation d’un laïcat responsable.
Depuis 1985, une conférence épiscopale de l’Océan indien a été mise sur
pied (CEDOI). Elle regroupe les diocèses des îles et archipels dépendant de
Maurice et de Rodriguez, de La Réunion, des Seychelles et la communauté
catholique présente aux îles Comores. Fait curieux, Mgr Gilbert Aubry,
évêque de Saint-Denis (Réunion) est membre de cette conférence tout en
restant membre à part entière de la conférence des évêques de France.
- 8 Un missionnaire qui s’est consacré aux esclaves
Le Frère Scubillon, de son vrai nom Jean-Bernard Rousseau, est né 7 ans
après la Révolution. Il est baptisé clandestinement, dans un village sans
curé et sans enseignement organisé. Il a 22 ans quand il peut enfin
fréquenter l’école des Frères des Ecoles Chrétiennes à Avallon. Devenu
membre de cette congrégation sous le nom de Frère Scubillon, il passe
d’abord dix ans à enseigner dans les petites classes à Alençon, Poitiers et
Chinon. Puis il est parmi les trois candidats à la lointaine île de Bourbon
réclamés par le ministre des Colonies au supérieur de sa congrégation.
A son arrivée à Bourbon (1933), il se met au service des enfants. Ceux
du moins qui sont libres : les esclaves (plus de la moitié de la
population), n’ont droit ni à l’instruction ni au catéchisme. Et c’est aux
esclaves surtout qu’il va se consacrer après l’abolition de l’esclavage
(1948), mais aussi aux "engagés" (les travailleurs libres, venus surtout de
l’Inde) et aux malades, avec un dévouement exemplaire. A sa mort, un
courant de vénération populaire prend aussitôt naissance autour de sa
tombe, ou se réunissent aujourd’hui encore, au jour anniversaire de sa
mort, des dizaines de milliers de fidèles. (apic/cip/bd)