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Une théologienne belge a posé la question aux textes officiels
Bruxelles, 17avril(APIC/CIP) Le Concile Vatican II constatait il y a 25
ans que, "là ou elles ne l’ont pas encore, les femmes réclament la parité
de droit et de fait avec les hommes". Mais l’Eglise elle-même, comment a-telle évolué en la matière ? Alice Dermience, théologienne de l’Université
catholique de Louvain-la-Neuve en Belgique, a examiné sous cet angle les
prises de position officielles de l’Eglise depuis 1975.
Les choses ont plutôt mal commencé : dès janvier 1976, au lendemain de
l’Année internationale de la Femme, la Commission installée par le pape
pour améliorer la participation des femmes à la vie de l’Eglise a disparu
"sans avoir fait avancer le problème", constate Alice Dermience, dans un
article que vient de publier la revue des diocèses francophones de
Belgique, "La Foi et le Temps".
Un an plus tard, une Déclaration du Vatican ("Inter insignores") "tombe
comme un rocher qui bloque toute issue" quant à un ministère ordonné pour
les femmes dans l’Eglise catholique. La Commission biblique pontificale
avait pourtant estimé que rien dans le Nouveau Testament ne s’y opposait,
mais on n’a pas tenu compte de son avis.
Néanmoins, observe Alice Dermience, la théologie s’ouvre, tout en
restant fidèle à la tradition. Plus personne n’oserait écrire, comme Saint
Thomas au XIIIe siècle, que la femme est "un mâle raté". Des théologiens
très appréciés de l’épiscopat soulignent, au contraire, que la femme est,
en principe, l’égale de l’homme, mais qu’elle a une vocation "propre", en
fonction de son être féminin. Il est toutefois étrange, selon Alice
Dermience, que des théologiens continuent d’invoquer la Bible en faveur de
leurs thèses, sans discuter certaines images de l’homme et de la femme très
liées à la culture du temps. Faute de remettre ses présupposés en cause, la
théologie "dénie en fait à la femme l’égalité qu’elle prétend lui
reconnaître en principe".
En va-t-il de même dans les derniers documents de Jean Paul II ? La
lettre que le pape a consacrée en 1988 à "la dignité de la femme et sa
vocation" se présente moins comme un document normatif que comme une
méditation. Alice Dermience la situe "dans le prolongement de la théologie
traditionnelle", fondée sur une conception "abstraite" de l’être humain,
"étrangère aux sciences humaines" et peu soucieuse de replacer les textes
bibliques dans leur contexte historique.
Fin janvier 1989 est parue l’exhortation de Jean Paul II suite au Synode
des évêques de 1987 sur la vocation et la mission des laïcs. Le document,
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et dans l’Eglise, est "modérément progressiste", juge Alice Dermience.
C’est un "difficile compromis entre l’anthropologie théologique traditionnelle et les exigences sociales et pastorales mises en avant par les Pères
du Synode". En fin de compte, souligne la théologienne de Louvain-la-Neuve,
"la question des femmes dans l’Eglise est étroitement liée au problème
beaucoup plus large des laïcs dans l’Eglise" et le chantier de la réflexion
à ce propos "reste ouvert".
La revue "La Foi et le Temps" publie, dans le même numéro (mars-avril
1989) un exposé sur la famille et l’évangélisation, que le Père Joseph
Wresinski, fondateur d’ATD-Quart Monde, avait préparé avant sa mort.
(apic/cip/bd)