6e session plénière de la Commission mixte pour le dialogue (030790)
L’uniatisme, "pas une solution pour la recherche de l’unité"
Freising (RFA), 3juillet(APIC) "Dialogue, chemin d’unité": ainsi pourrait
s’intituler la Déclaration de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Eglise catholique romaine et l’Eglise orthodoxe, rendue publique le 1er juillet, à la suite de sa 6e session plénière, qui s’est tenue à Freising, près de Munich du 6 au 15 juin. La Commission a notammment
abordé le problème de l’uniatisme - c’est-à-dire la question "de l’origine
et de l’existence des Eglises catholiques de rite byzantin" - qui est depuis de longues années un frein au dialogue entre catholiques et orthodoxes.
Or, il est apparu à tous les participants que "le dialogue, qui est aussi le moyen le plus juste pour tendre vers l’unité, est aussi la manière la
plus indiquée pour affronter les problèmes, en particulier celui de l’uniatisme".
Les changements en Europe de l’Est relancent la question uniate
La Déclaration, communiquée par le service orthodoxe de presse (SOP) à
Paris, rappelle que "depuis deux ans déjà, la Commission (...) pensait
qu’il fallait aussi aborder directement les questions théologiques et pratiques posées à l’Eglise orthodoxe par l’origine et l’existence actuelle
des Eglises catholiques de rite byzantin". Les événements survenus en Europe de l’Est et "le jaillissement de la liberté religieuse qu’ils ont permis" donnent au problème de l’uniatisme une actualité nouvelle. Il faut se
rappeler que Staline avait contraint les catholiques de rite byzantin à se
rattacher en 1946 à l’Eglise orthodoxe russe lors du Synode de Lvov,
considéré par les uniates comme canoniquement invalide.
La Commission a tenu tout d’abord à rejeter "l’uniatisme comme recherche
d’unité". Une expérience tentée par certains catholiques qui pensaient, en
adoptant le rite byzantin, contribuer au rapprochement des Eglises: or,
cette expérience "a provoqué de nouvelles divisions", semant la confusion
dans les esprits et suscitant conflits et souffrances. Dans un second
temps, les membres de la Commission ont insisté sur la nécessité de "prendre des mesures pratiques".
Non au prosélytisme
Ainsi la liberté religieuse "exclut absolument toute violence, directe
ou indirecte, physique ou morale. Elle requiert (...) une collaboration
fraternelle entre les pasteurs en vue de réparer les blessures du passé et
de parvenir à guider les fidèles vers une réconciliation profonde et durable". Ceci implique, de la part des "autorités ecclésiales responsables
(...) la résolution des questions litigieuses. Tout effort, poursuit la Déclaration, visant à faire passer les fidèles d’une Eglise à une autre, ce
qui est communément appelé prosélytisme, est à exclure".
Rappelant que les Eglises catholique - qu’elle soit de rite latin ou byzantin - et orthodoxe sont des Eglises-soeurs qui offrent en elles-mêmes
"les moyens de grâce et de salut", la Déclaration s’achève sur un pressant
appel au dialogue, "afin que nous puissions progresser vers l’unité".
(apic/mjh/cor)