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    5ème journée du pape aux Etats-Unis (150987)

    Phoenix, 15septembre(APIC/CIP) C’est tot dans la matinée du mardi 15

    septembre que le pape a conclu sa 5ème journée aux Etats-Unis. Cette étape

    s’est deroulée à Phoenix, sur la rive nord du fleuve Salt, dans le sud de

    l’Arizona, après un vol de deux heures permettant au pape d’envoyer un message radio à tous les fidèles du Nouveau Mexique. Le Nouveau Mexique est,

    en effet, l’unique Etat du sud des Etats-Unis à ne pas etre visité par Jean

    Paul II durant ce voyage.

    Dans ce message, le pape a adressé son salut fraternel à tout le peuple

    du Nouveau Mexique, aux autochtones, aux catholiques qu’il a remerciés pour

    leur constance dans la foi et leur attachement aux racines de l’identité

    chrétienne. "Gardez les yeux fixés sur Jésus-Christ", leur a-t-il demandé.

    Arrivée à Phoenix: appel à la solidarité internationale

    C’est un appel à la solidarité internationale que Jean Paul II a lancé

    dès son arrivée à Phoenix, au cours d’une cérémonie en la basilique SainteMarie et après une brève visite au service pédiatrique de l’hopital St-Joseph.

    "La solidarité internationale est la condition d’une paix durable", a

    déclaré le pape, reprenant le mot de Paul VI : " développement est le nouveau nom de la paix". Cette parole avait été utilisée par Paul VI dans son

    encyclique sur le développement des peuples, publiée il y a exactement 20

    ans.

    "Voila pourquoi, a poursuivi Jean Paul II, mon appel aux Etats Unis est

    un appel a la solidarité humaine à l’intérieur du pays et bien au-delà de

    ses frontières. C’est le point culminant d’un progrès véritable. C’est la

    mesure d’une vraie grandeur. "Dans cet Etat de l’Arizona, qui, à la frontière du Mexique, connait un essor économique enviable, le pape a également

    affirmé que le développement ne pouvait jamais se réduire à la seule expansion économique ou à des réalités strictement temporelles. "Tout progrès

    qui assurerait l’amélioration des conditions de vie d’un petit nombre aux

    dépens de la grande famille des hommes serait un progrès faux et biaisé", a

    précisé le pape. "Les nations développées ont une très lourde obligation

    d’aider les peuples en développement."

    Rencontre avec le monde de la santé : aidez les victimes du sida

    Le pape s’est ensuite rendu à son second rendez-vous de la journée, une

    rencontre non moins importante avec quelque 2.400 dirigeants des organismes

    médicaux catholiques, ceux-ci formant le système de santé le plus important

    du secteur privé aux Etats-Unis, avec 620 hopitaux et 300 autres établissements qui possèdent 11 o/o des lits d’hopitaux du pays.

    A cette occasion, Jean Paul II a lancé un nouvel appel aux catholiques

    Nord-Américains, pour qu’ils manifestent amour et compassion au-delà de

    leur contribution professionnelle et de leur sensibilité humaine à l’égard

    de tous ceux qui souffrent, et particulièrement aux victimes du sida, "crise d’une immense ampleur qui constitue un nouveau défi pour la médecine".

    Le président de l’Association catholique de la santé, John Curley, a

    évoqué devant le pape tant les questions éthiques que les problèmes administratifs complexes auxquels est confronté le monde de la santé. Condamnant l’avortement, J. Curley a insisté sur la nécessité de résoudre "des

    dilemmes moraux pour lesquels il n’existe pas de réponse simple : ingéniérie génétique, procréation assistée, transplantation d’organes, maintien en vie artificiellement de malades sans espoir, expériences sur l’homme".

    De son coté, le pape a rappelé que la doctrine de l’Eglise, sans décourager la recherche scientifique, exclut la procréation assistée, autrement

    dit la fécondation in vitro, au nom de la dignité humaine, a-t-il expliqué,

    car "ce qui est possible techniquement n’est pas pour autant admissible moralement". Le pape a par ailleurs loué la générosité des organisations

    catholiques qui offrent des soins gratuits aux pauvres.

    A la rencontre des Indiens : l’oppression culturelle

    Quant à la deuxième partie de cette cinquieme journée de Jean Paul II en

    territoire américain, elle fut marquée par une gigantesque "bow-woow"

    (célébration) au "Memorial Coliseum" de Phoenix, avec 10.000 Indiens qui

    lui ont exposé leurs revendications de peuple rescapé.

    Attentif, le pape, qui avait déja rencontré les Indiens du Canada en

    1984 et les Aborigènes australiens en 1986, s’est vu invité à prier et a

    user de son pouvoir pour combattre le racisme, pour permettre aux Amérindiens de déterminer leur propre destin et d’etre reconnus, respectés et

    traités en égaux.

    S’adressant à la foule des Indiens, le pape a souligné que leur rencontre avec la civilisation européenne avait été pour eux "une dure et douloureuse réalité". "Il faut, a-t-il dit, que soient reconnus l’oppression culturelle, les injustices et les bouleversements que les sociétés traditionnelles indiennes ont subis", a-t-il lancé tout en admettant que "malheureusement certains membres de l’Eglise n’ont pas fait preuve de leur responsabilité chrétienne dans leurs contacts avec les Indiens". Le pape a déclaré

    cependant qu’il ne fallait pas insister de façon systématique sur les erreurs passées, soulignant que de nombreux missionnaires les avaient défendus. Il a cité Junipero Serra, fondateur au 18ème siècle des Missions

    espagnoles de l’Ouest américain et auteur d’une déclaration des droits des

    Indiens.

    Messe à Phoenix

    Dernier temps fort de la journée à Phoenix, avant le départ du pape pour

    Los Angeles : une messe solennelle avec les malades, avec une homélie

    centrée sur la fete de l’Exaltation de la Sainte-Croix. Le pape a rappelé a

    l’occasion de cette fete liturgique le sens de la crucifixion du Christ.

    "Nombreux sont ceux qui pensent que le Messie serait avant tout un juge

    sévère, venu pour punir et condamner, a dit le pape, alors qu’au contraire

    il est venu pour etre jugé pour les péchés du monde." Sur la croix, a expliqué Jean Paul II, le Christ devient le rédempteur de la race humaine,

    Dieu devenant semblable aux hommes et se faisant obéissant jusqu’a la mort

    sur la croix, s’humiliant afin que l’homme soit élevé.

    Après sa rencontre avec le monde de la santé, le pape s’était rendu à la

    cathédrale des saints Simon et Jude à Phoenix. La, il a présenté l’activité

    missionnaire de l’Eglise comme un devoir premier, qui fut confié pour la

    première fois aux saints Simon et Jude et aux autres apotres. Les Eglises

    locales du monde entier, qui sont elles memes fruit de l’évangélisation,

    sont donc appelées à leur tour à proclamer l’Evangile à tous les hommes.

    (apic/bdc/be)

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