Plutôt préparer l’avenir que d’analyser le passé
Paris, 14mars(APIC) Federico Mayor, directeur général de l’Unesco, vient
de lancer un appel pour la commémoration en 1992 du 5ème centenaire de la
"Rencontre de deux mondes", décidée par l’Unesco. La commémoration de la
conquête coloniale de l’Amérique latine est cependant loin de faire l’unanimité des mouvements indigénistes et de certains milieux d’Eglise qui
dénoncent le triomphalisme de ce jubilé, qui a signifié l’anéantissement
physique de millions d’indigènes et la disparition de cultures prestigieuses. Federico Mayor souhaite de son côté que l’on prépare l’avenir plutôt
que d’analyser le passé.
"Cet événement (l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique), rappelle-til, allait constituer le point de départ d’une nouvelle aventure dans l’histoire de l’homme". Il souhaite que cet anniversaire soit l’occasion de
tisser entre tous les peuples et toutes les cultures du monde les fils de
nouvelles solidarités. Il espère la participation de toute la communauté
internationale, des etats, des organisations non gouvernementales, des institutions publiques et privées, et de tous ceux qui souhaitent promouvoir
les relations et les échanges entre les peuples, afin qu’ils se joignent à
l’Unesco pour l’aider à atteindre les trois objectifs qu’elle s’est fixés
dans cette commémoration : la mise en évidence des transformations profondes qui se sont produites sur l’ensemble du globe à partir de l’ère des découvertes; la collecte des témoignage des cultures indigènes des amériques;
la mise en valeur et la conservation du patrimoine culturel du nouveau continent.
Au cours de cette même séance solennelle ou a été lance l’appel du directeur général, est intervenu Guillermo Putzeys Alvarez, président de la
Conférence générale de l’Unesco, qui a rappelé que "credo, croyances et religions occidentales se fixèrent comme devoir et comme mission de répandre
la foi et de porter sa vérité à d’importants noyaux humains". De son côté,
Luis Yanes, président de la commission espagnole du 5ème centenaire et
secrétaire d’Etat d’espagne pour la coopération internationale, cita le
célèbre historien espagnol Francisco Lopez de Gomara qui arrivait à considérer que la découverte du nouveau monde était le plus grand événement de
l’histoire de l’humanité depuis la naissance de Jésus-Christ.
Ce même 13 mars, à l’occasion de l’ouverture à l’Unesco de la première
réunion d’experts sur les cultures indigènes, Federico Mayor s’est adressé
à la presse, souhaitant que le plus grand nombre de personnalités et d’institutions s’expriment à travers le monde pour célébrer ce 5ème centenaire,
en vue non pas tant d’analyser le passé mais de préparer l’avenir : la commémoration sera ce que chacun apportera. C’est un appel particulièrement
important auquel il sera certainement largement répondu, notamment au moment ou les chrétiens s’apprêtent à célébrer le 5ème centenaire de l’évangélisation en amérique latine. (apic/ccic/be)