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    500ème anniversaire de la découverte de l’Amérique Latine : les (300889)

    organisations indigènes convoquent une assemblée d’"autodécouverte"

    Bogota, 30août(APIC/CIP) A la veille de la célébration du 500e anniversaire de la "découverte" et de l’évangélisation de l’Amérique Latine, une

    première rencontre d’ "autodécouverte de notre Amérique" se tiendra à Bogota (Colombie) du 7 au 12 octobre prochain. Elle verra la participation de

    nombreuses organisations paysannes et indigènes d’Amérique du Sud, d’Amérique Centrale et des Caraïbes, parmi lesquelles le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) du Brésil.

    La décision d’organiser une telle rencontre a été prise lors d’une

    réunion tenue à Bogota par l’Organisation nationale indigène de Colombie

    (ONIC) et trois autres associations colombiennes, la Confédération

    nationale des indigènes de l’Equateur (CONAIE) et des organisations

    similaires du Pérou et de la Bolivie.

    Comme le constate le document de convocation à la rencontre, la

    "découverte" de l’Amérique est en train de devenir "le" thème de toute une

    série de célébrations officielles, où revient sans cesse le leitmotiv de la

    "rencontre des deux mondes".

    En fait de rencontre, constate le document, les populations de ce que

    l’on appelle aujourd’hui l’Amérique Latine ont eu droit à "une invasion

    militaire, politique et culturelle de la part de l’Europe, les soumettant à

    un génocide brutal et interrompant par la violence leur développement

    politique, économique, culturel et spirituel propre". Si bien que "ce qui

    aurait pu constituer une confrontation culturelle profitable a débouché sur

    l’imposition de la culture des conquérants, par la force des armes et par

    l’évangélisation. Ceci, ajoute le document, a engendré une organisation

    sociale injuste et discriminatoire, envenimée par le racisme".

    Un solde de 90 millions de victimes

    Pour les organisations indigènes, le 12 octobre 1492 est une date

    funeste : "Le signe de la civilisation européenne en terre américaine a été

    la mort sous ses diverses formes : des massacres à l’extermination

    physique, en passant par la surexploitation, les tortures et les épidemies.

    A travers tout le continent, cet ethnocide des communautés indigènes a

    laissé un solde de 90 millions de victimes - l’un des pires crimes jamais

    commis contre l’humanité, qui se perpétue aujourd’hui sous des formes plus

    raffinées, mais qui n’en sont pas moins brutales et impitoyables."

    "Au nom d’une soi-disant supériorité de la civilisation européenne,

    dénonce encore le document, les envahisseurs ont détruit tous les acquis

    scientifiques et techniques, les expressions culturelles et artistiques,

    les idiomes et l’organisation sociale des populations autochtones, afin de

    s’emparer de tout par l’expropriation des terres, le saccage des ressources

    et l’appropriation du fruit du travail des peuples conquis."

    La "découverte" de 1492 a ensuite fait de l’Amérique Latine, et durant

    plusieurs siècles, l’otage des grandes puissances européennes de cette

    époque - et aujourd’hui des Etats-Unis -, affirment les organisateurs, qui

    voient là la cause de la misère et du sous-développement des peuples du

    continent, que vient aujourd’hui aggraver le "poids suffocant" de la dette

    extérieure. "Il est donc normal, concluent-ils, que nous, principales

    victimes de cette violence et du saccage imposé à notre terre-mère,

    élevions notre voix pour rejeter de telles ’célébrations’ et faire du 500e

    anniversaire un temps de réflexion et d’autodécouverte de notre Amérique,

    afin de renforcer la solidarité de tous les opprimés".

    L’un des buts de la rencontre de Bogota sera en effet de centraliser et

    d’unifier les initiatives des organisations populaires en vue du 500e

    anniversaire. (apic/cip/mg)

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