500è anniversaire de la mort de Nicolas de Flue : fete officielle (280987)
Sachseln, 28septembre(APIC) Les célébrations du 500ème anniversaire de la
mort de saint Nicolas de Flue ont trouvé leur point culminant dans une messe solennelle en l’église paroissiale de Sachseln, présidée par Mgr Edoardo
Rovida, nonce apostolique en Suisse, et dans une cérémonie officielle devant l’église, avec un discours du conseiller fédéral Arnold Koller.
Les conseillers fédéraux Flavio Cotti, Arnold Koller et Léon Schlumpf
conduisaient le groupe des invités, qui a pénétré un peu avant 9H dans
l’église paroissiale décorée pour l’occasion. Etaient présents les représentants de tous les cantons, les représentants de l’armée, le gouvernement
obwaldien in corpore, les délégués des différentes Eglises du pays, conduits par le Président de la Fédération des Eglises Protestantes de la
Suisse (FEPS), le pasteur Heinrich Rusterholz, les représentants du clergé
du canton d’Obwald, les membres de la Conférence des éveques suisses, et
deux éveques, Constantino Amstalden, du Brésil, et Eduardus Sangsun, d’Indonésie, de meme que Mgr Rovida, qui présidait la messe solennelle. La
Cécilienne de Sachseln, sous la direction de Georges Enz, exécuta la Missa
in honorem Nicolai de Flue pour choeur, orgue et orchestre, de Josef Garovi.
Dans sa prédication Mgr Johannes Vonderach, de Coire, éveque du diocèse,
lut un message de salutation de Jean Paul II. Il rappela sa visite du 14
juin 1984 au Ranft et renouvela son appel : "Oui, ne repoussez pas trop
loin vos frontières, mais n’hésitez pas à regarder par-dessus elles, faites
votres les soucis des autres peuples tendez par-dessus vos frontières une
main secourable".
Une dimension oecuménique
C’est avec une joie particulière que furent accueillis à la fin de la
messe les mots du pasteur Heinrich Rusterholz, Président de la FEPS. Il
déclarait : "Nous avons pour tache de donner un témoignage commun sur la
paix en Dieu dans un monde qui montre toujours plus d’indifférence envers
la foi en Dieu, au Dieu de Jésus-Christ. Nous devons réfléchir ensemble sur
ce que signifie etre l’Eglise du Christ dans une Suisse qui devient toujours plus pays de mission. - Le fondement de notre action c’est JésusChrist. Ensemble prions pour recevoir sa force afin de remplir les taches
demandées par l’Eglise aujourd’hui... Le témoignage de Frère Nicolas peut
nous guider sur le chemin de la paix en Dieu, de la paix et de la justice
dans le monde, pour une vie qui s’enracine dans une terre solide".
Après un apéritif offert à tous les visiteurs par la paroisse de Sachseln, le landammann d’Obwald, Alexander Hochli, prit la parole et souhaita
une cordiale bienvenue à l’assemblée. Frère Nicolas n’est pas seulement un
Obwaldien, car il avait à transmettre un message significatif par-dessus
les frontières, ajouta l’orateur. Ensuite le landammann cita à l’adresse
des politiciens le conseil de Frère Nicolas aux bourgmestres et au Conseil
de Stans en 1482, conseil digne d’etre suivi : "Mon conseil est aussi que
que vous soyez bienveillants en ces affaires, car un bien en apporte un
autre. Mais si cela peut se régler dans l’amitié, que la justice fasse
alors pour le mieux".
Détaché du monde mais pas indifférent
Après un intermède de la société de musique de Sachseln, le conseiller
fédéral Arnold Koller a reconnu Frère Nicolas comme un important promoteur
de la paix. Il n’a pas été un artisan de la Confédération, mais il l’a marquée de son empreinte comme peu l’ont fait. Frère Nicolas - comme a voulu
le faire croire une opinion largement répandue - ne s’est pas désintéressé
des événements du monde. "C’était un éloignement pour gagner une distance
et une profondeur". Dans cet ermite se rejoignent d’une manière unique
l’éloignement du monde et la participation toute particulière à celui-ci,
ajouta l’orateur.
S’adressant à l’Eglise, Arnold Koller affirma que Nicolas de Flue avait
anticipé l’exigence de Carl Friedrich von Weizsaecker, qui dit ceci :
"L’Eglise ne peut pas s’exprimer de façon crédible sur les questions brulantes du monde d’aujourd’hui si elle n’a pas regardé ces questions avec
une exactitude profane". Le conseiller fédéral Arnold Koller poursuivit
avec un appel au maintien de la paix intérieure, que l’ermite du Ranft
avait mise dans le coeur des Confédérés divisés il y a 500 ans; il termina
son allocution par ces mots : "Une paix certaine exige à coté du désarmement de tous les potentiels offensifs une confiance mutuelle, reposant sur
des preuves matérielles, une reconnaissance générale des droits de l’homme,
une étroite collaboration économique et culturelle entre les blocs opposés,
un peu plus d’humanité dans la politique. Le plus urgent est de faire non
une politique plus parfaite, mais une politique plus humaine."
(apic/ra/cor)