500e anniversaire de l’évangélisation de l’Amérique latine (060391)
Vienne, 6mars(APIC) L’Eglise doit reconnaître les fautes qu’elle a commises dans son action missionnaire en Amérique latine et en tirer les leçons;
c’est alors seulement qu’elle pourra témoigner de l’Evangile de façon crédible dans le sous-continent, estime Mgr Erwin Kräutler, évêque de la prélature territoriale de Xingu, en Amazonie brésilienne. Mgr Kräutler, originaire du Vorarlberg, était invité cette semaine à Vienne pour s’exprimer
sur le 500e anniversaire de l’évangélisation de l’Amérique latine.
Lors de la présentation à la presse du film "Je demande pardon", qui
traite des problèmes rencontrés par les Indiens en Amérique du Sud, Mgr
Kräutler a reproché à l’Eglise d’avoir débarqué sur leurs terres il y a 500
ans "dans des vêtements européens sans respect des cultures indiennes". Durant les siècles suivants, elle s’est rendue complice "du plus important
massacre de l’histoire de l’humanité", a-t-il ajouté.
Autre reproche adressé par le prélat autrichien à l’Eglise: elle a condamné tous les sentiments religieux des Indiens comme "venant de Satan".
Les Indios ont ainsi toujours ressenti le Dieu des chrétiens comme "cruel,
impitoyable et injuste". L’Eglise doit confesser toutes ses erreurs et demander pardon, a affirmé Mgr Kräutler, un ardent défenseur des Indiens: ce
n’est qu’à cette condition que la nouvelle évangélisation demandée par le
pape Jean Paul II portera ses fruits.
Les conditions de vie des Indiens au Brésil se sont légèrement améliorées ces dernières années, a relevé Mgr Kräutler, président du Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI) de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB). Si les droits fondamentaux des Indiens sont désormais inscrits
dans la Constitution brésilienne, leur application reste un problème, a déploré l’évêque, qui a demandé au gouvernement de garantir la réalisation
complète de ces droits. Jusqu’ici, il ne s’est agi que de déclarations
d’intentions, a-t-il constaté: "Le président Collor de Mello promet beaucoup, mais ne fait rien". Pour Mgr Kräutler, seule une pression politique
et économique des pays industrialisés peut apporter des changements.
L’évêque de Xingu a brossé un sombre tableau de la situation économique
actuelle du Brésil. La politique économique du nouveau président a conduit
à une crise de l’approvisionnement et à des licenciements massifs. Collor
de Mello n’a pas atteint son but, qui était de réduire fortement le taux
d’inflation, Concernant l’énorme dette extérieure du Brésil, il a relevé
qu’il n’a pas encore été question de suppression des intérêts et de désendettement. (apic/kap/am/cor)