500 ans après la naissance du fondateur des jésuites (210891)
Bruxelles, 21août(APIC) L’"année ignatienne" qui vient de se clôturer, et
durant laquelle ont été célébrés le 5e centenaire de la naissance de saint
Ignace de Loyola et les 450 ans d’existence de la Compagnie de Jésus, a vu
la parution d’une nouvelle bande dessinée consacrée au fondateur des jésuites: "Ignace. Nous n’irons pas à Jérusalem".
C’est la quatrième fois qu’on raconte en bande dessinée l’histoire du
fondateur de la Compagnie de Jésus. Mais cette fois, selon les connaisseurs, le tandem belge formé par la dessinatrice Cécile Schmitz et le scénariste Jacques Stoquart a su conférer à l’album une griffe qui le situe
d’emblée dans le neuvième art.
Dans la meilleure tradition
Lorsque la demande d’un scénario consacré au fondateur des jésuites lui
a été adressée, Jacques Stoquart n’était pourtant pas emballé. Professionnel de la publicité, cet ancien élève des jésuites craignait surtout l’austérité du sujet: il n’est pas évident de mettre en scène, dans un langage
moderne, le maître des "Exercices spirituels".
La lecture de la vie d’Ignace de Loyola a néanmoins tôt fait de rassurer
le scénariste en quête d’aventures. Elle lui a fait découvrir, confiait-il
récemment, un "marcheur de Dieu" parcourant l’Europe, traversant guerres et
embuscades, un homme de tempérament confronté aux soupçons de l’Inquisition
et au scepticisme de ses meilleurs amis, un mendiant volontaire torturé par
des calculs aux reins, bref un personnage hors du commun.
Pour le lecteur, l’histoire d’Ignace commence... deux siècles plus tard,
non pas dans son Pays basque natal, mais dans les célèbres "réductions" que
les missionnaires jésuites aménagèrent au Paraguay pour les Indiens Guaranis. Il n’est pas sans intérêt d’avoir amorcé un grand flash-back sur la
vie du fondateur des jésuites par ce clin d’oeil inaugural à la mission et
à l’ouverture universelle de l’Eglise.
Le minutieux travail de documentation auquel le scénariste Jacques Stoquart et la dessinatrice Cécile Schmitz se sont livrés ont permis de restituer l’atmosphère d’une époque tant à travers les décors et les croquis de
situation qu’à travers les portraits de personnages et leur langage. Ce
souci documentaire, dans la meilleure tradition belge de la bande dessinée,
donne une épaisseur à l’histoire, sans pour autant l’alourdir. La vivacité
du scénario est enrichie par la variété des plans imaginés par C. Schmitz,
dont ce nouvel album confirme la clarté des traits et la chaleur des couleurs déjà frappantes dans "l’homme de Molokaï", bande dessinée consacrée
au Père Damien et réalisée en 1988, également avec J. Stoquart.
Humour et spiritualité
Dans "Ignace. Nous n’irons pas à Jérusalem", le lecteur retrouvera enfin
la volonté de ne pas confiner la spiritualité dans la voie du tragique,
mais de lui faire parler aussi le langage de l’humour. C’est qu’il faut
aussi de l’humour pour comprendre saint Ignace par l’éditeur: "Pourquoi un
nobliau basque, amateur de fêtes et de femmes, va-t-il du jour au lendemain
changer de vie, parcourir pour l’amour du Christ des milliers de kilomètres
de Pampelune à Jérusalem, échapper à cent dangers, dont le moindre n’était
pas de finir sur un bûcher comme hérétique... et finalement fonder l’Ordre
religieux le plus prestigieux de la Renaissance, celui des Jésuites?".
L’album est publié dans la collection "Coccinelle" chez Helyode Editions
(Bruxelles) (apic/cip/sjb).