"Le développement, une affaire de chacun"
Bruxelles, 3janvier(APIC) "L’Afrique vit!" Tel est le slogan adopté cette
année pour la Journée de l’Afrique, organisée le 5 janvier par la Fondation
catholique de Bourses d’Etudes pour Africains (FONCABA).
En affirmant que "l’Afrique vit", les organisateurs de cette journée
voudraient d’abord faire entendre aux chrétiens de Belgique un autre écho
que celui qui leur est trop souvent renvoyé par les médias occidentaux. "La
triste réalité, a écrit Susan George, une spécialiste des problèmes du développement, c’est que si on effaçait l’Afrique de la carte du monde, les
milieux d’affaires occidentaux internationaux s’en apercevraient à peine".
Et pourtant... "L’Afrique, expliquent les organisateurs de la prochaine
journée, c’est plus que des quartiers pillés à Kinshasa, plus que des enfants qui mendient et meurent de faim, plus que des dirigeants corrompus et
à l’affût du pouvoir. l’Afrique, c’est aussi un peuple qui, dans des circonstances extrêmement difficiles, témoigne d’une force inébranlable. Celui-ci lui donne le courage et l’espoir de recommencer sans cesse, de lutter sans arrêt contre l’injustice et la misère".
Communautés de base
Sans nier l’incapacité souvent stigmatisée de certains dirigeants africains à s’occuper des vrais besoins de leur peuple, Hamuli Karbarhuza
tient, pour sa part, à mettre en exergue la capacité qu’ont les Africains
de s’organiser et de lutter pour leur développement. Il est d’ailleurs bien
placé pour en parler, puisqu’il est au Zaïre secrétaire général de la Coordination nationale des Organisations non gouvernementales de développement.
"De plus en plus, écrit-il, les Africains commencent à comprendre que
leur développement n’est pas l’affaire des agences extérieures, ni celle
des gouvernements, c’est l’affaire de chacun d’eux, c’est l’affaire des
gens regroupés ensemble chez eux en petites communautés engagées dans la
transformation de leur milieu pour apporter eux-mêmes les réponses appropriées à leurs besoins. C’est dans les communautés qu’on s’entraide, qu’on
s’informe, qu’on apprend des savoir-faire, qu’on se protège soi-même, qu’on
veille aux intérêts de chacun et qu’on se défend contre l’adversité".
Le développement des communautés de base a été considérablement favorisé
en Afrique par la présence des Eglises et des organismes de développement.
Les Eglises, en particulier, ont compris que l’évangélisation ne pouvait
être dissociée de la promotion humaine.
Un exemple parmi d’autres: le travail effectué par la Commission "Justice et Paix" au sein de l’archidiocèse de Bukavu. La communauté ecclésiale
de base dont un membre est confronté à des problèmes d’ordre juridique, ou
dont le village vit sous le joug et l’arbitraire de chefs locaux ou de gendarmes, peut demander conseil à cette Commission. Celle-ci peut également
dénoncer les injustices dont la population est victime. L’actuel directeur
du bureau diocésain de développement, l’abbé Cibambo, est particulièrement
sensible à cette question et s’est engagé pour faire évoluer la situation.
Lutte pour la justice
Une telle lutte pour la justice, relayée par des actions concrètes pour
promouvoir la solidarité, la formation et des initiatives de développement
se rencontre aujourd’hui dans plusieurs communautés de base africaines. En
haut lieu, comme au sein de l’épiscopat zaïrois, des positions courageuses
sont prises pour soutenir la lutte pour la démocratie et le respect des
droits de l’homme. C’est ainsi, notamment, que les évêques zaïrois sont régulièrement intervenus, au cours des derniers mois, pour que la population
puisse s’exprimer au sein de la Conférence nationale.
La Journée pour l’Afrique est l’occasion d’appuyer par un don les réalisations de FONCABA, qui a donné priorité à la formation d’animateurs et
d’animatrices pour le développement. Cette formation passe, en Afrique, par
des stages de longue durée et des sessions de recyclage. La FONCABA finance
également en Belgique, des stages de perfectionnement pour laïcs africains,
par exemple à l’Institut "Lumen Vitae" à Bruxelles. (apic/cip/ba)