4e voyage pastoral de Jean Paul II en Pologne (030691)
Des fidèles venus d’Union Soviétique participent à la messe
Lubaczow, 3juin(APIC) Le pape Jean Paul II a entamé lundi matin la troisième journée de sa visite en Pologne, la 4e qu’il effectue dans son pays
natal et le 51e voyage hors d’Italie, en célébrant à Lubaczow une messe à
laquelle ont pris part des fidèles venus d’Union Soviétique toute proche.
Une répétition, en quelque sorte, en vue de la visite tant attendue que le
pape devrait faire en URSS, probablement en 1992. Devant les fidèles rassemblés, Jean Paul II n’a pas manqué d’évoquer la délicate question des relations Eglise-Etat, tout comme il n’a pas manqué, au cours de l’après-midi, de mettre l’accent sur la famille lors d’un discours prononcé dans la
ville voisine de Kielce.
Dans son homélie, Jean Paul II a souligné que la réforme économique en
cours en Pologne doit aller de pair avec une conscience sociale renouvellée, un souci toujours plus grand du bien commun, une attention aux pauvres
et aux plus démunis, une bienveillance à l’égard des étrangers qui sont venus grossir les rangs des Polonais.
A ce propos, Jean Paul II a rappelé que "l’être prime sur l’avoir" et
demandé que les sociétés pauvres soient mises en garde contre l’impasse à
laquelle conduit la mentalité de consommation.
Jean Paul II a ensuite évoqué le délicat problème des relations EgliseEtat à un moment où un nombre toujours plus grand de Polonais (74% selon un
récent sondage) jugent excessive l’influence de l’Eglise sur la vie politique. Aux yeux du pape, le postulat de la neutralité idéologique est juste
en ce sens que l’Etat est tenu de préserver la liberté de conscience et de
confession de tous les citoyens, quelles que soient la religion ou l’idéologie qu’ils professent.
Néanmoins, a-t-il poursuivi, le postulat qui n’admet d’aucune façon la
dimension de la sainteté dans la vie sociale et de l’Etat revient en fait à
y consacrer l’athéisme et n’a plus grand-chose à voir avec la neutralité
idéologique. Il importe donc, a ajouté le pape, que chacun fasse preuve de
beaucoup de bienveillance et de bonne volonté, afin que la sainteté soit
vécue dans la vie de la société et de l’Etat, dans des formes et des modalités qui ne blessent personne et ne rendent personne étranger dans sa propre patrie.
Le rôle des religieux et religieuses "dans la nouvelle Pologne"
De Lubaczow, Jean Paul II a ensuite gagné en hélicoptère la ville voisine de Kielce (200’000 habitants), dans le sud-est de la Pologne. Il y a visité la cathédrale, où il a célébré la messe de clôture du troisième synode
diocésain, avant de s’entretenir, en début d’après-midi, avec les religieux
et religieuses du pays.
Dans le discours adressé aux religieux et religieuses, le pape a mis
l’accent sur "la grande tâche qui attend les Ordres religieux dans la nouvelle Pologne". Il a indiqué que dans le domaine de l’éducation, le retour
de la religion dans les écoles exige pour ceux qui s’occupent de catéchèse
à la fois préparation et zèle pastoral.
le pape a ensuite observé que la société polonaise a besoin des religieux et religieuses pour le travail caritatif. Il a remarquer qu’il n’est pas
facile de reconstruire ce qui a été détruit il y a des dizaines d’années,
ajoutant que les temps ont changé, mais que de nouveaux problèmes ont surgi, comme la nécessité de s’occuper des victimes de la drogue ou des malades atteints du sida. Jean Paul II a encore invité les religieux et religieuses à consacrer une attention particulière au fait qu’aujourd’hui un
très grand nombre de gens en Pologne, "où les paroisses ne peuvent faire
face à tous les besoins religieux", réclament une réponse individuelle à
leurs problèmes ou aux questions qui se posent dans le domaine religieux.
Mise en garde à propos de la famille
En fin d’après-midi, le pape a célébré à Maslow, un village situé dans
les environs de Kielce, sa troisième messe de la journée. Dans son homélie,
le pape a mis l’accent sur le thème de la famille qui, ainsi qu’il l’a souligné "est la base de chaque communauté humaine et de chaque société". Le
pape a entre autres parlé du problème de la crise qui frappe beaucooup de
familles polonaises, en indiquant "le grand nombre de divorces, les disputes et conflits durables dans trop de familles, les séparations de longue
durée en raison du séjour à l’étranger d’un des époux".
Jean Paul II a en outre fait remarquer que l’amour entre enfants et parents, entre soeurs et frères fait souvent défaut. Il s’est demandé combien
de familles souffrent de l’abus de l’alcool de la part de l’un ou l’autre
membre de la famille. Le pape a averti en conclusion: "Le monde deviendrait
un cauchemar si les parents en difficulté matérielle considéraient leurs
fils seulement comme un poids et une menace pour leur stabilité; si, à leur
tour, les époux aisés voyaient dans leurs fils un accessoire superflu et
coûteux". (apic/cip/jt/pr)