4e Assemblée générale de l’épiscopat latino américain (121092)
épiscopale de tout le continent américain
Saint-Domingue, 12octobre(APIC) Jean Paul II a ouvert lundi soir la 4e
Assemblée générale de l’épiscopat latino américain à Saint-Domingue. Outre
certaines mises en garde contre une théologie qui ne respecte pas suffisemment la tradition de l’Eglise, le pape a annoncé qu’il souhaitait la réalisation d’une réunion, dans un avenir pas trop lointain, de l’épiscopat du
continent américain tout entier pour "affronter les problémes liés à la
justice et à la solidarité".
Les autres Assemblées générales ont eu lieu à Rio de Janeiro (1955), à
Medellin (1968) et à Puebla (1979). Le thème de l’Assemblée est "Nouvelle
évangélisation, promotion humaine, culture chrétienne. Jésus-Christ, hier,
aujourd’hui et toujours".
Dans un long discours, le pape a tenu à préciser que depuis les origines
de l’évangélisation l’Eglise catholique a défendu vaillamment les "Indios",
en protégeant les valeurs contenues dans leur culture et se faisant promotrice d’humanité face aux abus des colonisateurs, souvent sans scrupules.
A propos des travaux de la Conférence, le pape a souligné que "la nouvelle évangélisation est l’idée centrale de cette 4e Assemblée. Il a précisé que la nouvelle évangélisation ne consiste pas dans un nouvel Evangile,
qui viendrait de nous-mêmes et serait ainsi une découverte purement humaine, mais que "l’Evangile doit être prêché en pleine fidélité et pureté". Il
ne s’agit pas non plus de mettre entre parenthèses ce qui dans l’Evangile
ne correspond pas à la mentalité actuelle. Il a relevé que "les christologies réductrices ne peuvent être acceptées comme instruments de la nouvelle
évangélisation". Il a constaté l’existence de positions inacceptables sur
ce qu’est la vérité, la liberté et la foi. On arrive même à justifier les
dissensions en faisant recours au pluralisme théologique qui tourne parfois
en un relativisme qui met en danger l’intégrité de la foi, a-t-il ajouté.
Mise en garde contre certaines idéologies"
Certains pourtant osent affirmer que "les documents du magistère ne seraient autres que la réflexion d’une théologie discutable". Cette attitude
d’opposition systématique à l’Eglise en arrive même à se constituer en
groupes organisés. Faisant allusion à la chute "des régimes du soi-disant
socialisme réel en Europe de l’Est", le pape estime que l’on doit, "dans ce
continent aussi" tirer des déductions perninentes en relation avec la valeur éphémère des telles idéologies.
Le pape a aussi attiré l’attention sur la menace des sectes. Il a dénoncé une certaine stratégie avec laquelle on veut rompre l’unité catholique
en Amérique latine et qui peut compter sur d’importantes ressources financières pour subventionner les campagnes de prosélytisme. L’Eglise catholique doit réagir à ce défi par une action pastorale dynamique.
Abordant le thème de la promotion humaine, Jean Paul II a relevé que "le
ce problème ne peut pas être considéré en dehors du rapport de l’homme avec
Dieu. En fait, a-t-il dit, opposer la promotion authentiquement humaine et
le projet de Dieu sur l’humanité est une "grave distorsion, fruit d’une
certaine mentalité d’inspiration séculariste".
Le drapeau de la justice
Quant à la justice, le pape a lancé un appel pressant au pays à la communauté internationale à libérer les pays d’Amérique latine du "fardeau insupportable de la dette". Les pays riches ne peuvent pas éluder leur propre
responsabilité envers les pays en voie de développement. Il a cloué au pilori "l’injustice instutionnalisée" qui conduit a un fossé grandissant entre les riches et les pauvres et a encouragé une juste répartition des
biens. Il a ajouté que la solution qui préconise la réduction de l’augmentation démographique sans se préoccuper des moyens utilisés pour l’obtenir,
est "fallacieuse et inacceptable". Il faut une plus grande justice dans la
distribution des richesses, afin que chacun ait la même part aux biens de
la création.
Le pape a aussi souligné que l’Eglise ne peut en aucune manière se laisser assimiler par aucune idéologie ou courant politique. Le drapeau de la
justice est une des premières exigences de l’Evangile. De même le pape a
encouragé les gouvernements à la protection de l’environnement sur la base
du bien commun.
Rencontre épiscopale pan-américaine
Il a ensuite suggéré d’examiner la possibilité de célébrer dans un futur
non lointain, une rencontre de représentants des épiscopats de tout le continent américain qui pourra aussi avoir un caractère synodal avec le but de
promouvoir la coopération entre les diverses Eglises particulières dont les
divers domaines de l’action pastorale et où on affronte aussi les problèmes
relatifs à la justice et à la solidarité entre toutes les nations de l’Amérique.
Une culture de la vie
Le pape a noté que il est nécessaire de créer en Amérique une culture de
la vie qui contraste l’anti-culture de la mort qui à travers l’avortement,
l’euthanasie, la guerre, la guérilla, la séquestration, le terrorisme et
d’autres formes de violence ou d’exploitation, tentent de prévaloir dans
certaines nations.
En soulignant l’importance des moyens de communication, il a souligné
qu’il faut veiller aussi sur l’emploi de ces moyens surtout les maisons
d’édition dépendant d’institutions catholiques qui doivent être objet de
sollicitude particulière de la part des évêques et des ordinaires du lieu.
(apic/jt/ba)