4e Assemblée générale de l’épiscopat latino-américain (100992)
Madrid, 10septembre(APIC) Le document de travail de la 4e Assemblée générale de la Conférence de l’épiscopat latino-américain (CELAM) qui s’ouvrira
dans un mois à Saint-Domingue, a été publié avec un retard considérable, a
confié à l’hebdomadaire espagnol "Vida Nueva" une source proche du CELAM.
Attendu pour avril, le document, qui n’a été disponible que fin juillet, a
été la cible de vives critiques émanant de différents secteurs, rapporte la
même source.
Plus que le document de travail, c’est le discours inaugural que le pape
Jean Paul II prononcera à Saint-Domingue le 12 octobre qui donnera le ton à
la 4e Assemblée générale du CELAM qui s’ouvrira dans le cadre du cinquième
centenaire de l’évangélisation de l’Amérique. Selon le commentaire paru
dans l’hebdomadaire espagnol, le discours du pape fournira en effet aux
évêques latino-américains les éléments fondamentaux qui leur permettront
d’élaborer le document pastoral qu’ils proposeront à l’issue de l’Assemblée.
Reste qu’un certain nombre de critiques ont été émises à propos du document, assure-t-on de source proche du CELAM. les secteurs liés aux versions
les plus radicales de la théologie de la libération reprochent au document
de travail de maintenir l’option pour les pauvres en la confondant avec
d’autres options. Mgr Pedro Casaldaliga, évêque du diocèse brésilien de Sao
Felix, par exemple, s’étonne que le document "ignore les apports des Communautés Ecclésiales de Base". De son côté, le dominicain vietnamien Pablo
Thai Hop, proche collaborateur du Père Gustavo Gutierrez au Pérou, constate
que si on y retrouve bien l’option préférentielle pour les pauvres, c’est
"dans de belles paroles, sans qu’elle constitue l’axe central ou le principe méthodologique du document".
Pour le laïc urugayen Alberto Methol Ferré, qui a apporté une notable
contribution à l’élaboration des premiers documents de l’épiscopat latinoaméricain, une solide contextualisation historique et mondiale fait défaut
dans le document. "Tant que l’Eglise en Amérique latine n’entreprendra pas
une réflexion en profondeur sur la nouvelle situation mondiale, elle sera
incapable d’agir clairement". Faute d’une telle analyse, dit-il, "une ligne
claire ne pourra s’imposer après la chute de la théologie de la libération
dans le continent".
La réalité latino-américaine
Selon la source du CELAM, la critique du Père Thai Hop et de Mgr Casaldaliga "n’est pas pertinente, car Saint-Domingue est un rendez-vous d’évêques". Et d’expliquer: "Si tout apport est le bienvenu, il s’agit bien
d’une rencontre épiscopale, non de caractère populaire. En outre, les évêques sont bien résolus à défendre à fond l’option pour les pauvres, mais
celle-ci ne peut être une option unique ni devenir l’axe central, car il
existe clairement trois axes: l’évangélisation, la promotion humaine et la
culture".
Quant à la critique de Methol Ferré, la même source admet qu’il y a dans
le document de travail "beaucoup de positions fragmentaires et une unité
précaire". Mais ceux qui doivent résoudre le problème de la continuité, ce
sont les évêques et les experts pendant la rencontre de 16 jours à SaintDomingue. "C’est pourquoi le document de travail inclut une préparation à
la 4e Conférence, avec onze questions très larges, dont trois portent sur
un aspect pastoral à travers la réalité latino-américaine, quatre sur
l’éclairage théologico-pastoral et quatre sur des propositions pastorales.
Mais la crainte existe que les questions débouchent sur une nouvelle avalanche de propositions". (apic/cip/pr)