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    Décision jordanienne concernant les territoires occupés

    *472501,NRSI CH

    (050888)

    Interview de Lutfi Laham, vicaire patriarcal de Jérusalem

    Jérusalem, 5août(APIC) "Je crois que les récents bouleversements survenus en Cisjordanie devraient donner un essort

    nouveau à la cause palestinienne", a déclaré vendredi 5 août

    Mgr Lutfi Laham, vicaire patriarcal Grec-Melkite catholique

    de Jérusalem, dans une interview accordée à l’APIC.

    S’exprimant au sujet de la décision du roi Hussein de

    rompre politiquement et économiquement entre la Jordanie et

    les territoires occupés, le vicaire patriarcal de Jérusalem a

    estimé qu’"elle bouleversait l’ordre des choses tout en étant

    une déclaration d’indépendance". Elle n’entrainera pas de

    conséquences spéciales pour les chrétiens qui vivent en Cisjordanie, a-t-il relevé, tout en lançant à l’Europe un appel

    à plus de solidarité.

    Selon Mgr Lutfi Laham, il convient de dissocier l’aspect

    politique de celui économique. Dans le premier cas, a-t-il

    dit après avoir relevé qu’en sa qualité de responsable religieux, il ne lui appartient pas directement de répondre, nous

    assistons à quelque chose d’important. "Pour autant que les

    palestiniens se mettent ensemble et sachent s’organiser pour

    l’avenir, c’est vers un Etat indépendant et palestinien de la

    rive ouest du Jourdain que nous allons".

    L’autre aspect du probléme est économique. "Beaucoup de

    familles, jusqu’à présent, dépendaient financièrement de la

    Jordanie. Ces dernières, peut-être 30.000, ne seront plus

    payées, et cette nouvelle situation risque de causer de gros

    problèmes. Surtout que la décision du roi Hussein, -elle ne

    constitue pas une surprise pour nous- est arrivée brusquement. Trop brusquement car Nous n’étions guère préparés", a

    précisé Mgr Laham.

    Pour ce dernier cependant, ces difficultés seront surmontées par les palestiniens avec l’aide de leurs organisations.

    "Ce qui se faisait avant avec la Jordanie se fera désormais

    entre palestiniens, avec d’autres méthodes et d’autres possibilités, pour le bien de la population". En réalité, affirme

    Mgr Laham, cette situation nouvelle "devrait permettre une

    prise en charge des palestiniens par eux-mêmes, c’est du

    moins ce que nous souhaitons".

    "Ce qui touchent les musulmans touchent aussi les

    chrétiens"

    S’agissant d’analyser ce que la décision jordanienne pourrait éventuellement changer pour les chrétiens des territoires occupés, Mgr Lutfi Laham a déclaré qu’elle n’entrainerait

    pas de véritables changements. Selon lui, "ce qui touche les

    musulmans touchent aussi les chrétiens, tant dans les affaires politiques qu’économiques. Les chrétiens, dit-il, qui

    sont entre 50.000 et 60.000 sur l’ensemble des territoires

    occupés (10.000 autres vivent à jérusalem), pourraient être

    un peu plus touchés cependant en raison du fait qu’ils ne

    jouissent pas de l’aide qui arrivent aux musulmans".

    De ce côté là, souligne le vicaire patriarcal, "l’Europe

    chrétienne doit davantage s’intéresser à ce qui se passe ici.

    Pour le problème palestinien, globalement, mais aussi pour

    ceux, matériels, que connaissent les familles chrétiennes.

    Nous les aidons à travers nos oeuvres".

    Le domaine des écoles est parculièrement important. La

    communauté Grec-Melkite catholique dispose et possède trois

    écoles en Cisjordanie, et le vicaire patriarcal à qui incombe

    une partie des responsabilités, doit mensuellement payer une

    centaine de professeurs. "Souvent les familles des enfants ne

    possèdent pas de quoi payer, le déficit est parfois énorme,

    il est allé jusqu’à 30.000 dollars (environ 45.000 francs)

    pour l’exercice d’un seul mois". En plus de l’aide aux écoles, ajoute-il, il y a celle que nous devons accorder à certains milieux sociaux particulièrement touchés en raison des

    grèves et des heures de travail réduites.

    L’avenir de la Cisjordanie? Pour Mgr Laham, si des négociations doivent avoir lieu, "comme chrétiens, nous sommes un

    avec les autres palestiniens. Là ou les chrétiens pourraient

    et devraient intervenir concerne les Lieux Saints. Les Patriarcats et la Custodie de la Terre Sainte des franciscains

    sont à ce titre les principaux intéressés", a conclu le chef

    spirituel des Melkites catholiques en Terre Sainte. (apic/pr)

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