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Interview de Lutfi Laham, vicaire patriarcal de Jérusalem
Jérusalem, 5août(APIC) "Je crois que les récents bouleversements survenus en Cisjordanie devraient donner un essort
nouveau à la cause palestinienne", a déclaré vendredi 5 août
Mgr Lutfi Laham, vicaire patriarcal Grec-Melkite catholique
de Jérusalem, dans une interview accordée à l’APIC.
S’exprimant au sujet de la décision du roi Hussein de
rompre politiquement et économiquement entre la Jordanie et
les territoires occupés, le vicaire patriarcal de Jérusalem a
estimé qu’"elle bouleversait l’ordre des choses tout en étant
une déclaration d’indépendance". Elle n’entrainera pas de
conséquences spéciales pour les chrétiens qui vivent en Cisjordanie, a-t-il relevé, tout en lançant à l’Europe un appel
à plus de solidarité.
Selon Mgr Lutfi Laham, il convient de dissocier l’aspect
politique de celui économique. Dans le premier cas, a-t-il
dit après avoir relevé qu’en sa qualité de responsable religieux, il ne lui appartient pas directement de répondre, nous
assistons à quelque chose d’important. "Pour autant que les
palestiniens se mettent ensemble et sachent s’organiser pour
l’avenir, c’est vers un Etat indépendant et palestinien de la
rive ouest du Jourdain que nous allons".
L’autre aspect du probléme est économique. "Beaucoup de
familles, jusqu’à présent, dépendaient financièrement de la
Jordanie. Ces dernières, peut-être 30.000, ne seront plus
payées, et cette nouvelle situation risque de causer de gros
problèmes. Surtout que la décision du roi Hussein, -elle ne
constitue pas une surprise pour nous- est arrivée brusquement. Trop brusquement car Nous n’étions guère préparés", a
précisé Mgr Laham.
Pour ce dernier cependant, ces difficultés seront surmontées par les palestiniens avec l’aide de leurs organisations.
"Ce qui se faisait avant avec la Jordanie se fera désormais
entre palestiniens, avec d’autres méthodes et d’autres possibilités, pour le bien de la population". En réalité, affirme
Mgr Laham, cette situation nouvelle "devrait permettre une
prise en charge des palestiniens par eux-mêmes, c’est du
moins ce que nous souhaitons".
"Ce qui touchent les musulmans touchent aussi les
chrétiens"
S’agissant d’analyser ce que la décision jordanienne pourrait éventuellement changer pour les chrétiens des territoires occupés, Mgr Lutfi Laham a déclaré qu’elle n’entrainerait
pas de véritables changements. Selon lui, "ce qui touche les
musulmans touchent aussi les chrétiens, tant dans les affaires politiques qu’économiques. Les chrétiens, dit-il, qui
sont entre 50.000 et 60.000 sur l’ensemble des territoires
occupés (10.000 autres vivent à jérusalem), pourraient être
un peu plus touchés cependant en raison du fait qu’ils ne
jouissent pas de l’aide qui arrivent aux musulmans".
De ce côté là, souligne le vicaire patriarcal, "l’Europe
chrétienne doit davantage s’intéresser à ce qui se passe ici.
Pour le problème palestinien, globalement, mais aussi pour
ceux, matériels, que connaissent les familles chrétiennes.
Nous les aidons à travers nos oeuvres".
Le domaine des écoles est parculièrement important. La
communauté Grec-Melkite catholique dispose et possède trois
écoles en Cisjordanie, et le vicaire patriarcal à qui incombe
une partie des responsabilités, doit mensuellement payer une
centaine de professeurs. "Souvent les familles des enfants ne
possèdent pas de quoi payer, le déficit est parfois énorme,
il est allé jusqu’à 30.000 dollars (environ 45.000 francs)
pour l’exercice d’un seul mois". En plus de l’aide aux écoles, ajoute-il, il y a celle que nous devons accorder à certains milieux sociaux particulièrement touchés en raison des
grèves et des heures de travail réduites.
L’avenir de la Cisjordanie? Pour Mgr Laham, si des négociations doivent avoir lieu, "comme chrétiens, nous sommes un
avec les autres palestiniens. Là ou les chrétiens pourraient
et devraient intervenir concerne les Lieux Saints. Les Patriarcats et la Custodie de la Terre Sainte des franciscains
sont à ce titre les principaux intéressés", a conclu le chef
spirituel des Melkites catholiques en Terre Sainte. (apic/pr)