Nicaragua: fermeture de "Radio Catolica" et de "La Prensa"
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Le cardinal Miguel Obando Bravo juge la situation dans le
pays
Rome, 15juillet(APIC/CIP) "La situation semble davantage
régresser que progresser au Nicaragua", a déclaré le cardinal
Miguel Obando Bravo sur les ondes de "radio Vatican". Interrogé à propos des récents événements survenus dans son pays,
avec notamment la fermeture pour un temps indéterminé de "Radio Catolica" et la suspension pour quinze jours du journal
de l’opposition "la Prensa", mesures dictées en ce début de
semaine par le Gouvernement de Managua, le cardinal juge les
événements "peu propices à rétablir un climat de réconciliation". Climat encore détérioré en raison de l’expulsion
récente de l’ambassadeur et de sept diplomates américains.
Selon le cardinal, la fermeture de "radio Catolica est due
aux reportages que l’émetteur avaient consacrés durant et
aprés les heurts qui se produisirent dimanche 10 juillet à
Nandaime, une petite ville située au sud de la capitale Managua, ou un rassemblement d’opposants au régime sandiniste aurait débouché sur de violents affrontements avec la police.
A l’occasion d’une rencontre soutenue avec le ministre
René Nunez dans le cadre de la Commission de Réconciliation,
l’archevêque de Managua a fait savoir auprès de ce dernier
qu’il considérait "inopportunes, injustes et incongrues les
mesures prises contre "Radio Catolica" et "La Prensa" parce
que contraires au nécessaire climat de réconciliation. Au
même titre que l’arrestation de certains responsables politiques du reste", a-t-il dit, après avoir demandé l’annulation
des mesures qui frappent ces medias. Justifiant la décision gouvernementale, le ministre René Nunez aurait alors
répondu: "le Gouvernement est résolu à fermer tous les robinets, les canaux d’information, à chaque nouvelle violation
de la loi". Cela d’autant plus, aurait-il ajouté, "que nous
avons jusqu’ici été indulgents".
Evoquant les négociations en cours dans son pays, le cardinal a affirmé que les conversations entre les partis politiques et la résistance sont bloquées. La principale difficulté, a-t-il estimé, "est que l’on se trouve en présence de
deux conceptions de la démocratie diamétralement opposées: le
gouvernement dit clairement ne pas croire à une démocratie
telle que celle pratiquée au Venezuela ou au Costa Rica; et
la résistance, de son côté, prôme une démocratie de type occidental".
Pour le cardinal, "il s’agit là de deux réalités incompatibles. S’ajoute encore à cela un manque de volonté politique. Le gouvernement entend anéantir la résistance, tandis
que celle-ci revendique le pouvoir", a-t-il conclu.
(apic/cip/pr)