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Un magistrat italien enquête en Allemagne et en Turquie
Rome, 5 mai 1997 (CIP) Le juge italien Rosario Priore et ses collaborateurs se sont rendus à Berlin dans le cadre de l’enquête sur l’attentat dont Jean-Paul II a été victime le 13 mai 1981.
Le magistrat italien doit rencontrer l’ancien chef des services secrets de la RDA et examiner de nouveaux dossiers de l’ancienne police secrète, la Stasi. Il y a déjà retrouvé des documents dans lesquels il apparaît que la Bulgarie, accusée à l’époque d’avoir fomenté l’attentat (la fameuse "piste bulgare"), sollicitait l’aide de la RDA pour contrecarrer la campagne visant à faire endosser l’affaire au gouvernement de Sofia - c’était avant que le procès romain ne disculpe les suspects bulgares.
Le juge Priore devrait aussi se rendre prochainement en Turquie pour rencontrer Oral Celik, membre de l’organisation des "Loups Gris", lequel a récemment offert de vendre, pour 50 millions de dollars, ses "confessions" à "Paris-Match", prétendant avoir lui aussi tiré sur le pape. Mais le juge Priore reste sceptique quant au rôle que s’attribue Celik, qui se serait trouvé à Genève le jour de l’attentat.
Ali Agça, qui a déjà purgé 16 ans de prison pour cet attentat, a toujours prétendu avoir agi seul. Son avocat a riposté aux allégations de Celik, affirmant que ce dernier n’est pas "fiable", qu’il n’a jamais été guidé que par l’argent. Reste à savoir s’il ne cherche pas maintenant à se soustraire à la justice turque (il est inculpé pour meurtre) en s’exposant à la mission rogatoire de la justice italienne. (apic/cip/imed)