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    Leon-XIV-Verny

    2e rapport sur la lutte contre les abus dans l’Église: la parole aux victimes 

    La commission pontificale pour la Protection des mineurs présidée par l’archevêque français Thibault Verny a publié ce 16 octobre 2025 son deuxième rapport sur l’état de la lutte contre les abus dans l’Église catholique. Le document de 200 pages laisse largement la parole aux victimes.

    Le livret de près de 200 pages ne donne toujours aucun chiffre sur le nombre de victimes ou de clercs pédo-criminels. Mais il laisse largement la parole aux victimes. Elles dénoncent une culture du silence encore prégnante dans l’Église, la lenteur de la justice et les failles dans le suivi des abuseurs et des victimes. Certaines font aussi des propositions, comme celle de contrôler tout le personnel ecclésial avec des évaluations psychiatriques.

    « La protection est la condition sine qua non pour que l’Évangile soit audible et crédible », écrit Mgr Thibault Verny, archevêque de Chambéry et nouveau président de cette commission créée en 2014 par le pape François et autrefois présidée par le cardinal Seán Patrick O’Malley. Dans ce deuxième rapport, la commission laisse une large place à l’expression de la parole des personnes abusées, ici systématiquement nommées « victimes/survivants ». Pour l’évêque français, cette volonté répond à « l’appel à ne pas marcher simplement pour les victimes et survivants d’abus, mais avec elles dans le travail exigeant de la conversion institutionnelle ».

    Ainsi, des dizaines de personnes abusées, toutes anonymisées, ont été consultées. La commission assure qu’elles représentent un panel «diversifié en termes d’âges, de genres, ainsi que d’origines ethniques et culturelles». Elles ont pu lire certaines parties du rapport en amont et ont pu partager « leurs points de vue quant à l’exactitude et à la pertinence des conclusions » des travaux. Ces critiques ont été utilisées dans le cadre de la révision du texte.

    La commission rassemble ainsi plus d’une vingtaine de points délicats sur lesquels les victimes se sont exprimées. Le premier concerne le fait que « des chefs de l’Église ne rendent pas de comptes ». « J’ai envoyé deux lettres à l’évêque pour lui dire ce qui s’était passé; c’était il y a cinq ans, et je n’ai toujours pas reçu de réponse », se désole une victime, tandis que la commission appelle à rendre le «processus canonique plus clair concernant la démission ou la destitution dans les cas de négligence et de dissimulation».

    Les victimes requièrent aussi le « besoin fondamental de pouvoir accéder aux informations » liées à leurs cas gérés par la justice ecclésiale. « Vous voulez savoir et ils ne vous disent rien. C’est comme être envoyé au purgatoire », témoigne l’une d’entre elles. Un peu plus loin, le rapport relève la « lenteur dans l’administration de la justice » et le manque « d’ouverture » et de « sensibilité » de la Curie romaine envers les victimes.

    Contrôler tout le personnel ecclésial 

    Concernant la délicate question des réparations financières, des victimes soulignent qu’elles peuvent avoir un « impact significatif » en leur permettant par exemple d’accéder à des soins psychologiques. D’autres font savoir que cette indemnisation est « souvent perçue avec suspicion, comme si elle mettait un prix sur la souffrance ». « Ils m’ont proposé 20.000 dollars mais tout ce que je voulais, c’étaient des excuses », déclare une personne abusée.

    Une préoccupation « constante » concerne la gestion des auteurs d’abus et la pratique consistant à les «muter» dans d’autres diocèses. « La commission souligne que cette pratique peut constituer un obstacle à la justice et que les victimes/survivants la dénoncent, à juste titre, comme une source d’inquiétude majeure et un risque constant de nouveaux abus ».

    Les victimes jugent en outre nécessaire de « procéder à un contrôle rigoureux de tout le personnel ecclésial », grâce à des « évaluations psychiatriques avant l’ordination » et des « évaluations périodiques » ensuite. Elles devraient aussi s’appliquer aux personnes non ordonnées travaillant au sein de l’Église et qui entrent en contact avec des mineurs et des personnes vulnérables. Ces contrôles doivent « réduire au minimum le risque d’abus ».

    Briser la culture du silence 

    Les victimes regrettent par ailleurs l’absence de structures claires de signalement des abus, voire une « forte résistance aux réformes en matière de sauvegarde ». « L’Église a réussi à standardiser le dogme et la liturgie dans le monde entier ; pourquoi a-t-elle échoué à standardiser ses politiques de réponse aux abus », s’interroge l’une d’entre elles.

    Plaidant pour une collaboration effective avec les autorités civiles, des victimes dénoncent aussi la culture du silence et les pressions de certains responsables à leur égard. « Mon frère était séminariste. L’évêque a dit à ma famille que ma plainte pouvait compromettre son ordination », peut-on lire dans le rapport.

    Ces pressions se font aussi sentir parmi les laïcs au sein des paroisses. « Les victimes/survivants ont régulièrement expliqué qu’au lieu de les reconnaître comme victimes d’un crime, on les accusait d’avoir tenté les prêtres », rapporte la commission, qui reconnaît le « profond isolement » vécu par des victimes.

    Stopper les abus en cours 

    Autre élément relevé : « le cas d’absence de réaction sur des abus en cours ». L’une des victimes ayant participé à ces ateliers dit avoir connaissance de prêtres entretenant des relations sexuelles avec de jeunes filles et des religieuses. Un autre explique : « les cas d’avortements forcés chez les religieuses sont ignorés par les autorités ecclésiales ».

    Face à ces remontées, la commission exprime une « profonde inquiétude » et rappelle aux responsables leur devoir légal et moral de traiter ces affaires conformément aux normes canoniques et civiles. Elle explique qu’un groupe d’étude sur la vulnérabilité a entamé ses travaux dans le but de développer la compréhension de l’Église des adultes vulnérables.

    Une victime pointe aussi du doigt la « culture patriarcale » qui « empêche les femmes et les filles de s’exprimer ». Une autre rapporte que « les autorités du séminaire ne se sont intéressées qu’à mon orientation sexuelle, pas aux abus que j’avais subis de la part de mon formateur et d’autres séminaristes ». La commission écrit que « la politisation et la polarisation des questions liées au genre compromettent les avancées, pourtant urgentes, en matière de sauvegarde ».

    Parmi les autres critiques remontées par les victimes figure encore le manque de respect de la confidentialité. Une victime exprime ainsi son désarroi face aux prêtres et membres de l’Église qui « discutaient ouvertement de son cas ». La commission se veut claire : « la confidentialité est essentielle au respect des lois morales et civiles ».  (cath.ch/imedia/hl/mp)

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