25 ans après le Concile Vatican II : (120589)
Bruxelles, 12mai(APIC/CIP) Il y a 25 ans, le Concile Vatican II publiait
son premier document, la constitution "Sacrosanctum Concilium", engageant
l’Eglise catholique dans une importante réforme de sa liturgie. Dans une
lettre adressée aux évêques et aux prêtres, Jean Paul II commémore cet
événement et met en lumière "l’importance de cette consitution conciliaire,
son actualité devant l’apparition de problèmes nouveaux et la valeur
permanente de ses principes".
La réforme liturgique voulue par la consitution conciliaire d’il y a 25
ans - en fait du 4 décembre 1963 - répondait, note le pape, à une "attente
générale dans l’Eglise", dont elle "devait contribuer à la rénovation globale". Un grand principe a donc guidé le travail entrepris : "fidélité à la
tradition et ouverture à un progrès légitime".
Les principes directeurs de la réforme demeurent fondamentaux pour aujourd’hui, souligne Jean Paul II. D’abord, la mort et la résurrection du
Christ sont au coeur de toute liturgie et des sacrements, spécialement de
l’eucharistie, et Pâques est bien "la fête des fêtes". Dès lors, en liturgie, rien "ne peut apparaître comme plus important que ce que fait le
Christ". Le deuxième principe est la présence de la Parole de Dieu : le
concile a justement voulu restaurer "une lecture de la Sainte Ecriture plus
abondante, plus variée et mieux adaptée". Toute parole, homélie, chant ou
monition se doit d’être en harmonie avec la parole de Dieu. Enfin, troisième principe : en célébrant la liturgie, l’Eglise exprime son unité, sa
sainteté, sa catholicité, son fondement et sa mission apostolique. Aussi la
liturgie exige-t-elle, par sens ecclésial, le respect des normes venant des
autorités, la participation de tous selon les diverses fonctions, l’ouverture à la diversité culturelle.
Le pape ne cache par que l’application concrète de la réforme a entraîné
des difficultés, avec des réactions extrêmes : tantôt "repli" sur le passé,
tantôt "innovations fantaisistes". Mais pasteurs et fidèles, "dans leur
immense majorité", on bien accueilli le renouveau liturgique, "fruit le
plus apparent de toute l’oeuvre conciliaire", comme l’observaient les
évêques du monde réunis en Synode en 1985.
Restent des "déviations" que le pape déplore : "des omissions ou des
ajouts illicites, des rites inventés hors des normes établies, des
attitudes ou des chants qui ne favorisent pas la foi ou le sens du sacré,
des abus dans la pratique de l’absolution collective", des "confusions" de
rôles entre ministres ordonnés et laïcs. "On ne peut tolérer, ajoute le
pape, que certains prêtres s’arrogent le droit de composer des prières
eucharistiques ou de remplacer les textes de l’Ecriture Sainte par des
textes profanes".
L’avenir du renouveau
Le renouveau liturgique n’est pas terminé. Son avenir passe, non plus
par un changement comme il y a 25 ans, mais par "un approfondissement".
Dans cette perspective, précise le pape, "la tâche la plus urgente est
celle de la formation biblique et liturgique du peuple de Dieu, pasteurs et
fidèles". Il faut poursuivre aussi l’adaptation de la liturgie aux
différentes cultures. Il s’agit encore de répondre à des problèmes nouveaux
tels que les fonctions liturgiques confiées à des diacres mariés ou à des
laïcs, les célébrations pour enfants, jeunes ou handicapés. Enfin, la piété
populaire a sa place, mais "a besoin sans cesse d’être évangélisée".
Pour guider le renouveau liturgique, il ya des organismes autorisés. Le
pape rappelle donc les responsabilités respectives de la Congrégation du
Vatican pour le culte divin et la discipline des sacrements, des
Commissions nationales de liturgie établies par les Conférences épiscopales
et des Commissions mises en place par les évêques diocèsains.
"La liturgie n’est pas le tout de l’activité de l’Eglise", conclut le
pape, mais elle en est "une source et un sommet". Il y a donc lieu de se
réjouir de sa réforme : "le grain est semé : il a connu la rigueur de
l’hiver, mais la semence a germé, elle est devenue un grand arbre". Jean
Paul II invite désormais l’Eglise à veiller sur la croissance vigoureuse et
"équilibrée" de ce grand arbre. (apic/cip/bd)