23 mai: 24e Journée mondiale
Dimanche des médias
C’est sur le thème "Message chrétien et culture informatique" que sera
célébrée un peu partout dans le monde la 24e Journée mondiale des communications sociales le dimanche 27 mai prochain. Cette traditionnelle
journée permet aux fidèles de réfléchir sur le fonctionnement ou le dysfonctionnement des mass médias et, souhaitons-le, de prendre connaissance
du travail considérable qui s’accomplit sans toujours beaucoup de moyens
dans les médias catholiques ou par des journalistes catholiques dans des
médias non-confessionnels.
C’est l’occasion aussi pour les catholiques de de concrétiser leur solidarité en aidant matériellement certains organes de presse indispensables pour que l’Eglise soit présente dans la réalité de ce temps.
Dans son message pour cette Journée, le pape Jean Paul II, parlant
avec optimisme d’une nouvelle "culture informatique", relève qu’avec
l’avènement des télécommunications informatiques, de nouveaux moyens
s’offrent à l’Eglise pour l’accomplissement de sa mission. Loin de craindre la modernité, le pape affirme que l’Eglise doit aussi se servir des
nouvelles technologies à disposition, notamment dans le domaine de l’informatique et de la diffusion par satellite pour sa tâche d’évangélisation, car Dieu "a parlé selon des types de culture propres à chaque époque".
L’Eglise qui est en Suisse n’est certes pas encore à l’ère des satellites; elle peut cependant compter, pour aider à la formation d’une "culture chrétienne", sur l’appui convaincu d’un certain nombre d’organes de
presse. Certains d’entre eux, comme le montre l’exemple de l’Echo Illustré ou de l’agence de reportages CIRIC, sont aujourd’hui dans une situation difficile. Seule la solidarité concrète et décidée des catholiques
- éditeurs, responsables d’organismes de financement, journalistes, pasteurs et simples fidèles - permettra de maintenir un certain pluralisme
dans la presse catholique. Les technologies de pointe à elles seules ne
remplaceront jamais le dévouement et l’engagement au service de la communauté chrétienne.
Jacques Berset
Du bon usage des cassettes vidéo (070593)
Fribourg, 7mai(APIC) Thème très concret, cette année, pour le dimanche
des médias: les cassettes audio et vidéo. Il permet un moment de réflexion
sur un progrès technique qui a envahi tous les foyers, dont il faut mesurer
l’usage. et la question fondamentale, déjà posée l’an dernier, subsiste:
comment annoncer l’Evangile dans le contexte de cette civilisation de la
communication électronique?
Tous les matins, Muriel, 10 ans, arrivait en classe avec les yeux rougis, très excitée. Ses parents travaillaient en ville et quittaient le village - dans la campagne fribourgeoise - de bonne heure. Ils réveillaient
l’enfant et, pour l’occuper, allumaient la TV et lui laissaient le choix
des cassettes vidéo peu adaptées à son âge qui garnissaient les étagères du
salon: films pornographiques, violences, policiers... Qu’elle racontait ensuite à sa maîtresse. Alors que beaucoup d’adultes sont incsapables de faire fonctionner un magnétoscope, certains enfants à l’âge de l’école maternelle savent repérer dans un film la scène qu’ils aiment, que ce soit dans
"Blanche-Neige" ou dans "E.T.", "L’Ours" ou "Maman j’ai raté l’avion". Que
de fois ont-ils visionné ces films? Plus de la moitié des foyers, en Suisse, sont équipés de magnétoscopes. ces appareils figurent en bonne place
dans les salles de classes, de paroisses... Quel usage en fait-on?
Quel parent n’a pas été confronté aux choix de leurs enfants en matière
de programme TV? Que de conflits la musique n’a pas provoqué dans les familles! Dans chaque discussion revient la piètre qualité des programmes télévisés destinés aux enfants. Et de baisser les bras parce qu’il n’est pas
facile de trouver, même en cassette vidéo, un autre choix. Jusque dans les
supermarchés, des rayons offrent des films à succès diffusés sur support
vidéo. Ce qui marche le mieux, assurent les csommerçants, ce sont les films
de violence, ceux que la TV n’ose pas (encore) diffuser, au moins en début
de soirée. Marché florissant que celui de la vidéo; deux ou trois firmes le
contrôlent à 90 %. Et imposent facilement leur type de produits.
Mais d’autres productions existent. La Fédération des paroisses catholiques du canton de Vaud a développé un projet audacieux: depuis deux ans,
elle a financé cinq films produits par les Films du Levant, réalisés par
Jacques Michel. "Clins Dieu", ou comment des jeunes peuvent dire Dieu; "On
l’aimait déjà", film consacré à l’adoption d’enfants handicapés; "Trois Mariages", ou trois couples qui réagissent face à la proposition de mariage
sacramentel que leur fait l’Eglise; "Aux côtés des réfugiés", l’enjeu de
l’accueil des réfugiés pour les paroisses et les chrétiens de Suisse romande. De son coté, l’Union des religieuses apostoliques a commandé une cassette de 30 minutes pour se présenter au grand public, aux jeunes; son titre: "Femmes branchées". Au récent Forum de l’audiovisuel qui s’est tenu à
Lausanne, c’est pas moins de 170 cassettes à thème religieux, éducatif qui
ont été présentées au public. L’alternative à "Rambo" II ou à "Goldorak"
existe...
Le bus qui quitte Abidjan ce dimanche matin est à peu près à l’heure. A
peine engagé sur le bout d’autoroute qui conduit dans le nord de la Côte
d’Ivoire, l’aide chauffeur branche la vidéo. Durant les sept heures que durera le voyage, j’aurai droit à "Robocop" I et II, plus quelques clips musicaux, bien entendu occidentaux. Les dialogues sont couverts par le bruit
du moteur, pas les bruitages des scènes de bagarre où des pistolets au laser font éclater la tête des protagonistes. C’est neuf heures du matin et,
à l’avant du bus, serrés à deux par siège, cinq ou six gosses, dont des
mignonnes fillettes aux tresses serrées, regardent le sang gicler la bouche
ouverte. Vous avez dit inculturation? Sur d’autres lignes, tenues par des
commerçants musulmans, le programme est différent: passage du coran et
films d’édification islamistes. Mgr Bernard Agré, ancien évêque de Man, petite ville à la frontière du Libéria, me parlait de ces clubs vidéo qui
fleurissent dans tous les quartiers, dans tous les villages, même où il n’y
a pas d’électricité. "Vous n’imaginez pas la consommation de cassettes vidéo!" Dans les rues de Man, j’ai compté un nombre impressionnant de boutiques proposant des csassettes vidéo. En vitrine: films karatés, films américains et beaucoup de porno; plus quelques films indiens ou égyptiens; peu
de cassettes originales: la piraterie fonctionne.
Près de la cathédrale de Man, dans trois pièces bercées par le ronronnement des climatiseurs, deux bancs de montage professionnels, une caméra, du
matériel d’enregistrement, d’éclairage. Trois stagiaires s’entraînent, sur
le balcon qui domine l’école de la mission, à faire un panoramique non bougé, d’abord sur pied, puis à l’épaule. Visionnement, critique. Une vingtaine de collaborateurs, formés sur place, encadrés par deux techniciens, produisent des bandes à l’usage de la catéchèse locale, des reportages sur la
vie du diocèse (grand comme la Suisse) et des petits films (le dernier dure
50 minutes) parlant de problèmes de société, les enfants abandonnés, l’école... Ces films sont présentés par des animateurs dans des groupes de jeunes, d’adultes. Ils provoquent des discussions. Je les ai présentés à des
enseignants romands; accueil très positif.
L’Inde est le plus important producteur de films. Trois fois plus que
les Etats-Unis. Il y a donc une grande consommation d’images. Gaston Roberge, jésuite, travaille dans un centre de production de matériel audiovisuel
pour les écoles, centre qui dépend d’un collège catholique. Objectif: tous
les mois, un magazine d’une demi-heure sur un problème de société (par
exemple le SIDA). Naïvement, je lui demandais combien de cassettes vidéo
étaient diffusées? "Je ne sais pas, peut-être quelques milliers. Mais le
gouvernement met à notre disposition un canal satellite et nous diffusons
ainsi ces magazines à 600 collèges." Qui ont chacun entre 3 et 5000 élèves... "C’est le gouvernement qui nous demande ça, qui le finance. On ne
peut pas faire directement de l’évangélisation, mais le gouvernement demande que nos programmes fassent référence à des valeurs morales."