La "Déclaration de Cologne" pose de bonnes questions...
Berne, 7septembre(APIC) "Dans l’Eglise aujourd’hui, il y a place pour le
dialogue, le pluralisme, y compris dans les recherches théologiques, mais
il est vrai qu’à un moment il y a une frontière", a déclaré jeudi à Berne
Mgr Pierre Mamie, qui faisait le point au nom de la Conférence des évêques
suisses (CES) sur les tensions et le dialogue existant entre les théologiens et le magistère de l’Eglise.
Commentant la "Déclaration de Cologne" au cours d’une conférence de
presse à l’issue de la 205e assemblée ordinaire de la CES qui s’est déroulée du 4 au 6 septembre au séminaire du diocèse de Sion à Givisiez (FR),
l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg a estimé que les théologiens signataires posaient de "bonnes questions". Il a cependant regretté le ton de
la lettre, qui ne favorise pas le dialogue. En Suisse, en tout cas, il
aurait été possible de poser ces questions si importantes - nomination des
évêques et morale contemporaine - sans passer par les médias. Les
structures de dialogue sont suffisantes.
Mgr Mamie a fait savoir qu’il allait - à la fin octobre ou au début novembre - rencontrer les théologiens de l’Université de Fribourg signataires
de la Déclaration de Cologne "pour recréer un climat qui permette un vrai
dialogue". Mgr Otto Wüst, évêque de Bâle, a déjà rencontré les théologiens
signataires de la Faculté de Lucerne. En ce qui concerne de l’application
du texte romain sur la profession de foi et le serment demandés à un certain nombre de personnes, laïcs ou prêtres engagés dans l’Eglise, la CES
attend les projets des épiscopats français et allemand avant de produire le
sien propre.
La CES, durant son assemblée, a pu encore écouter le témoignage d’Esther
Näf, sa déléguée à la rencontre des jeunes (500’000 participants) avec le
pape en août dernier à St-Jacques de Compostelle. Esther Näf a constaté durant cette rencontre que des relations tout à fait nouvelles étaient possibles entre jeunes et évêques.
La CES et la stratégie pour la politique d’asile des années 90
Dans le cadre de la procédure de consultation du document de différents
départements fédéraux sur la "Stratégie pour la politique des années 90 en
matière d’asile et de réfugiés", la CES a réaffirmé le désir qu’"autochtones et immigrés modèlent ensemble un avenir commun". La CES réaffirme le
principe de la solidarité internationale et de la dignité humaine de chaque
être humain. Les évêques suisses saluent les mesures proposées par le Conseil fédéral en faveur d’un engagement plus intense de la Suisse pour lutter à la base contre les causes de l’exode des réfugiés et de l’immigration. D’après la CES, il faut encore prévoir des mesures en matière de commerce extérieur, afin d’aider les pays en développement et les pays frappés
par la crise économique.
La CES demande l’interdiction totale de l’exportation de matériels de
guerre en direction des pays où règne une oppression politique. S’ils soutiennent l’idée d’une instance de recours indépendante en matière d’asile,
les évêques s’opposent éngergiquement à toute mesure d’intimidation visant
à limiter l’entrée dans notre pays. La CES a finalement donné son approbation aux projets oecuméniques prévus en 1991 dans le cadre des festivités
du 700e anniversaire de la naissance de la Confédération suisse. (apic/be)