200ème Assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses (090688)
Einsiedeln, 9juin(APIC) La Conférence des évêques suisses, qui a tenu sa
200ème Assemblée ordinaire à l’Abbaye d’Einsiedeln, a élu un nouveau
président en la personne de Mgr Joseph Candolfi, évêque auxiliaire de Bâle,
et deux vice-présidents : Mgr Gabriel Bullet, évêque auxilaire de Lausanne,
Genève et Fribourg, et Mgr Eugenio Corecco, évêque de Lugano. A cette
occasion, Mgr Henri Schwery, évêque de Sion et président sortant de la
Conférence des évêques, a laissé entendre que le schisme intégriste était
une éventualité "douloureuse" qui devait être prise très au sérieux.
Mgr Schwery qui a confirmé s’être rendu à nouveau au Vatican la dernière
semaine de mai pour discuter de "l’affaire Lefebvre", a également confirmé
l’existence d’un protocole d’accord entre Rome et la Fraternité St-Pie X,
accord signé par Mgr Lefebvre le 5 mai dernier.
Face à l’imminence d’ordinations épiscopales à Ecône, annoncées pour le
30 juin, Mgr Schwery a présenté les deux seules alternatives possibles :
"Soit Mgr Lefebvre persévère dans son attitude d’indépendance totale et ordonne des évêques contre toute discipline ecclésiastique et entre ’de facto’ dans une situation de schisme formel et c’est douloureux pour lui et
pour moi. Ou alors Mgr Lefebvre accepte pleinement de mettre en pratique un
accord qu’il a déjà signé le 5 mai comportant une dimension doctrinale et
une dimension disciplinaire. Si Mgr Lefebvre demeure fidèle à sa signature,
alors nous aurons une très grande difficulté à vivre comme évêque, comme
prêtre et comme fidèle, en fidélité à cet accord pour des raisons disciplinaires ... Dans l’ordre de la pratique pastorale, c’est une quasi catastrophe. L’application de cet accord sera extrémement difficile en particulier pour les évêques".
Du point de vue doctrinal, Mgr Lefebvre signe qu’il accepte le Concile,
mais affirme en même temps formellement qu’il n’a jamais signé les documents sur la liberté religieuse, l’oecuménisme et "Gaudium et Spes" et
qu’il ne les signera jamais. Il a d’ailleurs écrit pas plus tard que le 4
janvier dernier : "Nous ne devons pas nous bercer d’illusions, le Vatican
demeure plus que jamais un instrument de destruction de la foi, comment
pouvons-nous cohabiter avec les disciples du père du mensonge ?". Face à de
telles déclarations, il est bien peu probable en effet que la rupture
puisse être évitée si les ordinations épiscopales ont bien lieu à Ecône le
30 juin prochain.
L’un des points les plus importants de cette Assemblée ordinaire a été
la nomination de son nouveau président. Pour la première fois au cours de
ses 125 ans d’histoire, la Conférence est présidée par un évêque auxiliaire, et par deux vice-présidents. Par là, la Conférence tient à se donner
les moyens de mieux faire face à ses tâches grandissantes.
Durant l’Assemblée, la Conférence a encore eu la visite du célébre théologien bâlois Hans-Urs von Balthasar, nommé récemment cardinal par le pape
Jean Paul II. Le nouveau cardinal, répondant à l’adresse de Mgr Schwery, a
déclaré que le problème le plus important que l’Eglise catholique en Suisse
ait à résoudre actuellement est "l’approfondissement de la ’communio’, de
la communion ecclésiale". Une communion mise d’ailleurs à rude épreuve par
les récents événements qui ont secoué le diocèse de Coire. A ce sujet, Mgr
Schwery a relevé que Mgr Wolfgang Haas faisait désormais partie de la Conférence des évêques et qu’il n’y aurait pas "de noyau dur" ni de "polarisation" dans la Conférence comme d’aucuns l’ont laissé entendre. (apic/be/bd)