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une période sabbatique pour la Congrégation pour la Doctrine de la Foi
Rome, 18avril(APIC) Le moraliste allemand Bernhard Häring s’attaque à la
Congrégation romaine pour la doctrine de la foi que dirige le cardinal Joseph Ratzinger. Il le fait à travers un livre réalisé sous forme d’interview par le journaliste italien Gianno Licheri auprès de Bernhard Häring.
L’ouvrage, intitulé "Foi, histoire, morale", sera présenté mercredi 19
avril à Rome. Dans ce livre, le théologien allemand s’exprime également à
propos de son propre procès: il est en effet accusé d’infidélité au magistère de l’Eglise sur les questions de l’éthique sexuelle. Le théologien
demande notamment une période sabbatique pour la Congrégation pour la
doctrine de la foi.
Bernhard Häring propose à la Congrégation de rompre avec son passé. Selon lui, un premier pas serait "la suspension de toutes ses activités",
"une vraie période sabbatique", précise-t-il. "L’Eglise peut aussi vivre
sans un tel instrument, comme le démontre l’Orthodoxie qui a conservé la
foi et la spiritualité bien que privée d’une institution semblable", explique-t-il. Après cette suspension, suggère-t-il, il faudrait créer une nouvelle structure privée de certaines compétences et dans laquelle serait
représentée, selon Bernhard Häring, toutes les écoles théologiques existentes, y compris la théologie féministe, la théologie de la libération et la
théologie africaine".
Le moraliste propose en outre de fixer des normes de procédure fondées
sur la justice, la non-violence et l’équité. Un collège d’experts, avec des
tâches de conciliation préventive à travers un dialogue libre, franc et paritaire, pourrait être créé, relève le moraliste allemand. Pour ce dernier,
"l’Eglise a pour le moment besoin d’une sorte ’d’amnesty international’ qui
regarde dans l’Eglise catholique avec cette transparence qu’exige le monde
d’aujourd’hui..."
Selon Bernhard Häring, des pressions seraient exercées de la part de
l’Opus Dei et de Mgr Carlo Caffarra dans le but de faire déclarer par le
pape qu"Humanae vitae" est un dogme, dénonce-t-il. Si cela devait arriver,
déclare-t-il, il s’agirait d’un désastre inimaginable "car la grande majorité des fidèles refuserait l’infaillibilité du pape. Il y aurait de plus
des discussions sans fin sur la nature du dogme".
Bernhard Häring s’exprime également au sujet d’un désaccord entre ce
qu’il appelle la ligne dure du Vatican (le théologien cite entre autres les
cardinaux Pietro Palazzini, Jean Jérôme Hamer et Joseph Ratzinger) et le
- 3 pape. Toujours selon le théologien allemand, ces désaccords seraient intervenus à propos de l’encyclique "Sollicitudo rei socialis", de la visite aux
synagogues de Rome, de la rupture avec Mgr Lefebvre et de l’acte d’Assise.
En appendice, le livre, de l’éditeur italien Borla, publie la documentation inédite relative au procès auquel le Père Bernhard Häring a été soumis
par la Congrégation pour la doctrine de la foi ainsi que d’autres documents. La procédure, qui a duré quatre ans, a été clôturée en 1979 sans que
le théologien ne soit condamné. Au terme de son procès, Bernhard Häring
s’était promis de "ne plus jamais mettre les pieds dans le Palais du SaintOffice" (apic/jt/pr)