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    1er décembre: solidarité avec l’Université de Fribourg (281191)

    Appel des évêques suisses aux fidèles pour la collecte de "leur" université

    Fribourg, 28novembre(APIC) Dans l’Eglise catholique en Suisse, le premier

    dimanche de l’Avent rappelle traditionnellement aux fidèles leur nécessaire

    solidarité avec l’Université de Fribourg. Le 1er décembre, les catholiques

    suisses pourront ainsi, par le biais de la traditionnelle collecte du Dimanche universitaire, manifeste leur attachement à ce qui est en quelque

    sorte "leur" université. En l’aidant par des dons à réaliser divers projets

    dans la ligne de la tradition humaniste et chrétienne qui est celle de la

    Haute Ecole. Le thème du centenaire de l’Université de Fribourg, "Du savoir

    à la sagesse" est aussi le slogan choisi pour marquer ce Dimanche universitaire 1991.

    Pour marquer l’importance de ce rendez-vous, les évêques suisses lancent

    un appel aux catholiques du pays pour mieux souligner le rôle de cette Haute Ecole dans la mise en place d’une synthèse entre la recherche scientifique et les valeurs chrétiennes.

    Marquée à l’origine par le "Kulturkampf", elle est aujourd’hui une université d’Etat fidèle à la tradition catholique. Ayant un lien particulier

    avec l’Eglise et le peuple catholique, elle est également un lieu de rencontre et de dialogue entre les grands courants et les idéologies, entre la

    science et la foi, entre la technique et les sciences humaines ainsi qu’un

    lieu de dialogue interreligieux, écrivent les évêques.

    Pour ces derniers, l’Université de Fribourg marque la vie de l’enseignement de l’Eglise catholique en Suisse et dans la Principauté du Liechtenstein depuis plus de 100 ans. Elle n’est pas seulement une institution de

    formation et de recherche hautement spécialisée, elle est aussi un corps

    engagé dans la vie politique, sociale et ecclésiale. Elle prépare les jeunes à un engagement dans tous les domaines: d’où le rôle qu’elle joue sur

    le plan international.

    Un "atelier d’humanité"

    Ce caractère international apparaît nettement à la Faculté de théologie

    qui accueille des étudiants et des professeurs de quatre continents, soulignent les évêques, en rappelant qu’elle coopère à l’échange universel des

    idées et des expériences en contribuant à la paix, la justice et la sauvegarde de la Création.

    l’Université catholique, comme Haute Ecole chrétienne, a un avenir dans

    la mesure où elle réussit une synthèse authentique entre tradition et renouveau, entre formation générale et spécialisation, estiment les évêques.

    Ils relèvent que l’Université de Fribourg ne se contente pas de former de

    bons spécialistes pour la vie professionnelle: "Elle veut être un ’atelier

    d’humanité’, une communauté de personnes en quête de sens qui, à travers

    les multiples facettes de la tradition chrétienne, tend vers l’unité et manifeste ainsi qu’elle est un lieu de formation authentiquement catholique".

    A une époque où les valeurs humaines sont menacées, les évêques prient

    tous les catholiques de Suisse et du Liechtenstein de conforter et de soutenir l’Université de Fribourg dans son engagement. Ils demandent d’apporter, par la collecte du premier dimanche de l’Avent, l’aide matérielle dont

    elle a besoin.

    Le développement religieux de l’homme

    Pour marquer cette journée de solidarité avec l’Université, le professeur Fritz Oser présente pour sa part l’Institut de pédagogie de l’Université qui, depuis dix ans, a porté son attention sur les processus du jugement religieux de l’homme, de l’enfance à la vieillesse. Il s’exprime aussi

    sur les buts de cet institut et sur le développement religieux de l’homme

    en écrivant: "Les théologiens et les spécialistes en sciences religieuses

    étudient la religion dans son apparition, dans ses caractères et dans ses

    exigences normatives. Le pédagogue, lui, se demande comment la religiosité

    se manifeste concrètement chez l’homme".

    Le but de l’Institut de pédagogie de l’Université de Fribourg, précise

    le professeur, était de mieux saisir comment, par exemple, un enfant comprend des événements religieux tels que l’image de Dieu sur le monde...

    Selon lui, le "jugement religieux peut se définir comme le caractère de

    la relation Dieu-homme, relation placée dans une situation concrète. C’est

    ici, écrit-il, "que les hommes mesurent des valeurs telles que le sacré face au profane, la liberté face à la dépendance, l’espérance (ou le sens)

    face à l’absurdité, la confiance face à la peur, ceci avec une valeur ultime: Dieu".

    Le professeur Oser, qui analyse en cinq points les différentes étapes du

    développement religieux, relève encore que la place de Dieu, la relation de

    l’homme avec Lui dans ces situations, diffèrent selon qu’il s’agisse

    d’enfants ou d’adultes. Différentes étapes de développement jalonnent la

    représentation divine. Une représentation divine qui n’est pas, chez

    l’enfant, la simple "copie réduite" de celle de l’adulte.

    Pour une vision intégrale du monde

    Willy Kaufmann, chargé de l’information de l’Université, s’attache quant

    à lui à démontrer la pertinence du thème "Du savoir à la sagesse", choisi à

    l’occasion de ce Dimanche universitaire. Dans une présentation intitulée

    "Pour une vision intégrale du monde", Willy Kaufmann relève que les gens

    continuent à faire confiance aux chercheurs, en dépit "des sentiments de

    mécontentement et de critique qui se manifestent un peu partout face à

    l’éparpillement, voire la désorientation de la science, de la technique et

    du progrès". En dépit aussi du fait qu’ils croient de moins en moins que le

    monde scientifique, "dans son état actuel, puisse apporter de vraies solutions aux problèmes brûlants de notre époque tels que paix et justice, faim

    et catastrophe écologique".

    Paraphrasant les propos tenus récemment à Fribourg par un philosophe médiéviste, le chargé d’Information estime que nous sommes sur le point de

    remonter le chemin que nous avons parcouru de la vue cosmique au moyen-âge

    au nationalisme et, par là, aux sciences modernes. Ainsi s’explique, penseil, l’écho considérable suscité par la devise du centenaire de l’Université

    de Fribourg: "Science et sagesse". Reprise du reste comme thème général

    d’une rencontre mondiale des philosophes de la science, tenue à Fribourg

    également.

    Pour Willy Kaufmann, de nombreux exemples démontrent que le renouveau du

    discours sur les valeurs trouve à Fribourg un cadre particulièrement favorable, tant sur le plan Suisse qu’à l’échelle internationale: "Depuis des

    années déjà, les colloques sur l’éthique et les droits de l’homme ainsi que

    les Journées de l’Europe se sont inscrits dans cette perspective", écritil. Et de conclure: "Internationale et bilingue par tradition, l’Université

    de Fribourg a vécu l’ouverture et le pluralisme de notre société; elle est

    restée fidèle à son engagement, à une image de l’homme et du monde fondée

    sur les valeurs chrétiennes..." (apic/em/pr)

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