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S’ils sont prêts à se regrouper dans quelques zones
Le président de l’Ouganda Yoweri Museveni a annoncé qu’il ordonnerait une trêve et accorderait un couloir de passage. Pour autant que les rebelles de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) acceptent de se regrouper dans quelques zones du sud du Soudan.
Le président ougandais a annoncé à la télévision d’Etat que "si les rebelles font savoir qu’ils sont prêts à dialoguer et à se regrouper dans quelques zones du sud du Soudan, alors j’ordonnerai une trêve et j’accorderai un couloir de passage sûr".
Le président de l’Ouganda Yoweri Museveni a ainsi relancé l’offre de dialogue aux rebelles de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), protagonistes depuis 18 ans d’un conflit dans le nord du pays, où les premières victimes sont les civils. Le président Museveni a toutefois répété que les opérations militaires se poursuivront.
La réouverture des négociations de la part du président ougandais - qui avait déjà proposé en 2002 une amnistie aux miliciens qui acceptaient de se livrer - a été accueillie favorablement par les leaders religieux du nord de l’Ouganda ainsi que par les Nations Unies. "C’est un geste positif et quelque chose de bon pourrait en sortir: j’espère que les rebelles trouveront le moyen de répondre à cette proposition", a commenté Mgr John Batpiste Odama, archevêque de Gulu responsable de l’"Acholi religious leaders’ peace initiative" (ARPLI).
Une des tragédies les moins connues
Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, par le biais de son porte- parole, a exhorté à "freiner tout acte de violence contre les civils et à répondre de façon positive à l’invitation au dialogue du président Museveni". Du palais de verre des Nations Unies parvient aussi la condamnation ferme du président en charge du Conseil de sécurité, l’ambassadeur allemand Gunter Pleuger. Ce dernier a affirmé que "les crimes comme les enlèvements, l’exploitation et les violences sexuelles perpétrés par les rebelles de la LRA "ne doivent pas restés impunis".
La déclaration arrive après l’intervention du sous-secrétaire aux affaires humanitaires de l’ONU, Jan Egeland, qui a présenté aux Quinze, le 15 avril le drame du nord de l’Ouganda, le qualifiant "d’une des tragédies les moins connues aujourd’hui dans le monde", et où "en 18 mois 10.000 enfants ont été enlevés et contraints à porter l’uniforme.
Une nouvelle tuerie dans laquelle cinq femmes ont été massacrées par les rebelles de la LRA à Kitgun Matidi, dans le district septentrional ougandais a endeuillé la région. Ces femmes d’un camp de réfugiés, poussées par la faim, avaient décidé d’aller chercher de la nourriture dans les champs.
La proposition de dialogue avec les rebelles lancée par le président ougandais ne convainc toutefois pas les parlementaires de l’opposition originaires des régions du nord, touchées par les violences des rebelles, qui nourrissent des doutes sur la sincérité du président. En effet, pour ces parlementaires, dans des cas analogues, les premiers à rompre le cessez- le-feu ont été précisément les militaires gouvernementaux. (apic/misna/vb)