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Dieu à toutes les sauces politiques
Lomé, 1er juin 2003 (APIC) La campagne de l’élection présidentielle, qui a lieu dimanche 1er juin, a été marquée par l’omniprésence de la religion. Le président sortant, Gnassingbé Eyadéma, et les autres candidats n’ont cessé d’invoqué Dieu lors des meetings ou des débats, au grand dam de nombreuses organisations chrétiennes, qui ont dénoncé le "manque de sincérité" de cette campagne
Yawivi Agboyibo, candidat du Comité d’Action pour le renouveau (Car) a utilisé dix fois le terme "Seigneur", dans un seul message publié par le quotidien gouvernemental, "Togo Prese" du lundi 19 mai. Le lendemain, il s’est présenté avec une bible sur un plateau de la télévision.
Nicolas Anani Lawson, un autre candidat de l’opposition, a pris pour symbole un livre ouvert qu’il a appelé "Bible ou Coran". Il a expliqué ce geste par le fait que s’il est élu, il agira "sous la protection et la direction de Dieu pour aider les togolais à construire une société nouvelle".
De son côté, Dahuku Péré, candidat du Pacte Socialiste pour le renouveau a pris pour symbole une colombe tombant dans ses mains. A cause de sa propension à verser dans l’évangile lors de ses interventions, il est surnommé "l’apprenti chrétien".
Pour sa part, le président Gnassingbé Eyadéma, a prié "Dieu de lui barrer la route du pouvoir, de le lâcher et de choisir un autre", s’il n’est pas dans l’intérêt du pays qu’il remporte l’élection. "Et si c’est bon pour le pays, tu (Dieu) me laisse continuer", a-t-il ajouté.
Crainte de violences à l’annonce du résultat
De nombreuse familles ont fui la capitale Lomé pour le Ghana et le Bénin, deux pays voisins. Elles ont peur de violences post-électorales. Selon l’Agence de Presse panafricaine à la veille du scrutin, "Lomé, la capitale, ressemble à une ville chauffée pour exploser". Les habitants se sont approvisionnés en grande quantité dans les marchés et supermarchés. Nombre de Togolais se sont en outre rendu vendredi 30 mai à la banque pour vider leur compte.
L’Organisation Internationale de la Francophonie, l’Union Africaine, la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest ont envoyé des observateurs pour suivre l’élection. Des observateurs américains, dont le fils de Martin Luther King, ont également fait le déplacement. (apic/ibc/sh)