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    2.1.1.3.1.1 France: Les demandes de bénédiction des couples homosexuels sont marginales

    3 Pour une lecture protestante non fondamentaliste de la Bible

    Paris, 27 octobre 2002 (APIC) Les demandes de bénédiction des couples homosexuels dans les Eglises protestantes en France sont marginales: à peine une poignée d’homosexuels sollicitent une bénédiction de leurs couples ou font part de leur désir d’accéder au ministère pastoral. Pourtant, la question est délicate et représente un risque d’éclatement des communautés protestantes.

    Si elles rejettent "l’homophobie", les Eglises protestantes, qui n’ont pas encore fixé définitivement leur position, sont pour le moins réservées sur de telles bénédictions. Elles peuvent accepter d’embaucher un pasteur homosexuel, mais celui-ci devrait garder à son homosexualité un caractère privé. Pas question donc d’accepter un pasteur gay militant.

    Les Eglises membres du Conseil Permanent Luthéro-Réformé (CPLR) (1) ont été régulièrement interpellées depuis plusieurs années lors d’assemblées ou de synodes sur ce sujet qui, par ailleurs, traverse régulièrement l’actualité.

    Désormais le document "Eglise et homosexualité" (60 pages, avec un éclairage socio-historique, biblique et théologique, psychanalytique et psychosociologique, ainsi que des perspectives d’orientation), rendu public vendredi à Paris, va permettre aux communautés de réfléchir et de discuter sur ce qu’il est possible et souhaitable de faire ou non.

    Dans un processus de consultation

    Président du CPLR, le pasteur François Clavairoly insiste beaucoup sur ce point : "Rien n’est écrit, ni arrêté, tout est en discussion. Nous sommes dans un processus de consultation". Une synthèse des avis critiques devrait être faite pendant l’été 2003.

    Quatre Eglises luthériennes et réformées de France ont rédigé un document de base destiné à un débat interne sur l’accueil des personnes homosexuelles, la bénédiction des couples homosexuels et l’exercice du ministère pastoral par des personnes déclarant leur homosexualité. Sur ces deux derniers points, ce document esquisse des perspectives d’orientation ecclésiale prudentes. Tout en refusant l’homophobie et une lecture fondamentaliste des textes de la Bible relatifs à l’homosexualité.

    Président du Conseil national de l’Eglise réformée de France (ERF), la principale composante du protestantisme français, le pasteur Marcel Manoël souligne pour sa part que deux options fortes orientent ce document. D’une part l’opposition claire à toute homophobie, d’autre part une lecture non fondamentaliste de la Bible.

    Celle-ci prononce des condamnations sans appel de l’homosexualité sur lesquelles s’appuient ceux des protestants qui considèrent que l’homosexualité est un tabou fondamental pour la construction et la cohérence de notre société.

    Décrisper les débats

    A l’autre opposé de l’éventail des positions, on rencontre ceux pour qui l’homosexualité est une orientation sexuelle optionnelle et non fondamentale pour l’être humain. Entre ces deux extrêmes, se déclinent des positions plus nuancées et prudentes, dont fait état le document du CPLR (voir encadré)

    Histoire de relativiser la crispation que pourraient entraîner les décisions prises après que le débat au sein des communautés ait suffisamment progressé, Marcel Manoël rappelle que la décision d’accepter des femmes au ministère pastoral avait suscité des avis partagés (40% contre, 60 % pour) alors que cinq ans après, cela ne posait plus aucun problème.

    Selon le quotidien "Le Monde", le document publié par le CPLR serait un compromis entre les tendances libérales et conservatrices du protestantisme français. Ses conclusions se situent en retrait par rapport à un document interne de l’Eglise réformée de France (ERF) qui, à partir d’une analyse de textes bibliques, estimait que la demande de bénédiction d’un couple homosexuel "doit être reçue, écoutée, travaillée avec autant de sérieux que l’est une demande venant d’un coupe hétérosexuel". JCN

    3.1.1.1.1.1.1 Encadré

    3.1.1.1.1.1.1.1 Le document du CPLR fixe la limite de l’acceptable

    Concernant la bénédiction de couples homosexuels, le document fourni par le CPLR souligne: "Il ne nous semble pas adéquat que l’Eglise institue publiquement des situations qui ne sont que particulières". "En refusant de bénir une union homosexuelle, l’Eglise signifierait officiellement qu’elle considère que la relation du couple homosexuel relève d’abord du particulier et qu’elle ne peut prétendre à s’ériger en modèle d’identification au même titre que la relation du couple hétérosexuel".

    A propos de pasteurs qui revendiquent leur homosexualité dans l’Eglise, le CPLR fait valoir que "la responsabilité ecclésiale est un lieu de transfert et d’identification très puissant". Et il s’interroge: "Nos paroissiens et nos pasteurs sont-ils prêts à recevoir d’une façon sereine un(e) pasteur homosexuel(le) et son couple dans les presbytères de nos paroisses ?" Et d’estimer qu’il " faut être clairs sur la limite de l’acceptable: par exemple un pasteur qui ne saurait garder à son homosexualité son caractère privé ou qui en ferait une militance publique aura dépassé cette limite". J.C.N.

    (1) Le CPLR regroupe l’Eglise de la Confession d’Augsbourg, d’Alsace et de Lorraine (ECAAL), l’Eglise réformée d’Alsace-Lorraine (ERAL), l’Eglise réformée de France (ERF) et l’Eglise évangélique luthérienne de France (EELF) (apic/jcn/be)

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