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    Espagne: Une religieuse devant la justice dans l’affaire des bébés volés

    1414 plaintes déposée dans toute l’Espagne

    Madrid, 13 avril 2012 (Apic) Une religieuse espagnole de 80 ans, Sœur Maria, est la première personne à comparaître dans l’affaire des bébés volés en Espagne. Convoquée le 12 avril 2012 à Madrid pour le vol d’une fillette en 1982, elle a refusé de répondre au magistrat.

    Vêtue de sa robe bleue de religieuse, Maria Gomez Valbuena a gardé le silence, avant de sortir du tribunal protégée par la police, a rapporté l’ATS.

    Sœur Maria travaillait dans la clinique Santa Cristina de Madrid, quand Maria Luisa Torres est venue accoucher, le 31 mars 1982. Cette infirmière accuse la religieuse de lui avoir volé son enfant. Elle avait cependant accepté de la lui confier temporairement, contre rémunération, jusqu’à ce que sa situation financière s’améliore.

    Premier cas d’une longue série

    La plainte de Maria Luisa Torres est la première à aboutir en Espagne. Des milliers de personnes ont pu être séparées de leurs parents ou de leurs enfants, précise l’ATS. Les premiers témoignages à briser la loi du silence du scandale des bébés volés remontent à un an.

    1414 plaintes ont été déposées dans toute l’Espagne, estiment les associations. Selon Anadir, l’une d’elles, 300’000 bébés ont pu être volés pendant la dictature de Franco (1939-1975) et jusque dans les années 1980. Aucune loi en Espagne n’encadrait les adoptions jusqu’en 1987.

    Mobilisation de l’Etat

    "C’est un drame humain, un drame terrible", a déclaré le ministre conservateur de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon. Il a annoncé la création d’une base de données, le 12 avril. Elle permettra de croiser les informations. Un procureur spécial coordonnera les travaux de la justice, selon le quotidien fribourgeois "La Liberté".

    Le cas de Maria Luisa est rare. En 2011, elle a retrouvé sa fille, Pilar, lors d’une émission télévision. Pendant 29 ans, elles ont vécu à une vingtaine de kilomètres l’une de l’autre, sans le savoir. Le témoignage d’autres victimes l’a encouragée à porter plainte, début 2012.

    Selon elle, ce sont les tests ADN prouvant leur filiation, qui ont permis que sa plainte ne soit pas classée comme la plupart des autres. (apic/ag/ggc)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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