La paroisse est devenu le miroir de l’Eglise universelle
Fribourg, 24octobre(APIC) Comme la société, l’Eglise, en Suisse, s’est
elle aussi transformée. Les paroisses ne sont plus des communautés closes
et la mobilité de l’homme dans le travail ou les loisirs fait éclater le
cadre des paroisses. Mais c’est surtout l’immigration d’ouvriers étrangers
et de réfugiés qui a marqué de manière décisive la vie des communautés
chrétiennes qui s’apprêtent à vivre le dimanche des migrants. Ce dimanche,
placé sous le thème "Eglise - Communion et communauté" sera célébré en
Suisse par l’Eglise catholique le 13 novembre. "Nos communautés se sont diversifiées", écrivent les évêques suisses à travers un message publié pour
marquer cette journée. Ils y soulignent que ces communautés "forment une
’Communion de communauté’ qui, malgré leur diversité, vivent dans l’unité".
La réalité des chiffres justifie à elle seule la journée que l’Eglise
catholique s’apprête à dédier aux migrants: selon les statistiques 1987 de
la Communauté catholique Suisse de travail (SKAF), la Suisse abrite 978.
737 étrangers et 114.641 saisonniers. Parmi les diverses communautés
établies, on compte 385.080 Italiens, 112.500 Espagnols et 48.035 Portugais. Cela pour ne citer que des pays traditionnellement catholiques.
Concernant la Romandie, le bulletin des paroisses catholiques Romandes
chiffre à plus de 200.000 le nombre de catholiques étrangers. Ce qui explique les quelque 47 missions linguistiques mises au service de ceux que leur
langue ou leur culture handicapent pour vivre pleinement leur foien Suisse.
Le terme de mission linguistique désigne un centre paroissial de langue
étrangère. Les pays qui comptent un important contingent de migrants en
Suisse y envoient leurs prêtres. Les évêques gardent toutefois le dernier
mot pour nommer et répartir ces missionnaires sur le territoire suisse. Sur
le plan administratif et financier, la mission est partie intégrante du
diocèse.
Des missions bien représentées
Outre les Italiens, les Espagnols, les Portugais et les Français qui vivent en Suisse romande, de nombreuses autres communautés catholiques sont
également établies puisque 13 langues sont représentées. Ainsi, pour 19
missions italiennes, une seule est vietnamienne, deux anglophones, deux
germanophones. Quant aux pays de l’Est, ils sont bien représentés avec des
missions polonaises, hongroises, tchèques, slovaques, croates et slovènes.
Le bulletin des paroisses catholiques Romandes, évoque l’exemple ou des paroissiens de trente nationalités différentes se sont retrouvés en petits
groupes.
A elle seule, la ville de Genève compte quelque 30.000 hispanophones, et
3 Pères dominicains y animent la mission espagnole. Une parmi les 19 missions italiennes, celle de Neuchâtel est dirigée par Don Pietro, missionnaire italien au service d’une communauté forte de 8000 de ses compatriotes. Ces exemples montrent à quel point les missions sont devenues une partie intégrante de l’Eglise locale, et à ce titre, reconnues. Le principe
fondamental est qu’il n’y a pas d’étrangers dans l’Eglise. Dans les années
50, les missions étaient des paroisses parallèles qui collaboraient rarement avec l’Eglise suisse. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, en particulier
depuis le Synode de 1972: on insista alors sur le fait que les évêques locaux sont les évêques de tous les catholiques du diocèse. Du reste, la participation des missions au sein des conseils et instances de décision ne
cesse de croître.
Préjugés et peur de l’inconnu
L’importance de ce dimanche des migrants est d’autant plus réelle, car
si les immigrés sont des membres de l’Eglise à part entière, en revanche,
beaucoup ont une position marginale dans la vie sociale. De plus, écrivent
les évêques dans leur message, "ignorant les manières de vivre des étrangers et peu curieux de les connaître, beaucoup de chrétiens ont des
préjugés tout faits et une certaine peur de l’inconnu". Même si d’autres
chrétiens font part d’un réel engagement et d’un esprit d’initiative pour
l’accueil des immigrés, cette peur a augmenté ces dernières années soulignent les évêques qui constatent une méfiance croissante à l’égard des
immigrés, en particulier des requérants d’asile. Il n’en demeure pas moins,
relèvent les évêques, qu’aujourd’hui "la paroisse est devenu le miroir de
l’Eglise universelle". (apic/pr)