Il n’y a pas d’étrangers dans l’Eglise
Fribourg, 8novembre(APIC) La paroisse est devenue le miroir de l’Eglise
universelle, écrivent les évêques suisses à travers un message publié pour
marquer le dimanche des migrants. Ce dernier sera célébré en Suisse par
l’Eglise catholique le 13 novembre. La réalité des chiffres justifie à elle
seule cette journée: en Romandie, ils sont plus de 200.000, les catholiques
étrangers. Ce qui explique les quelque 47 missions linguistiques mises au
service de ceux que leur langue ou leur culture handicapent pour vivre
pleinement leur foi en Suisse.
L’immigration d’ouvriers étrangers et de réfugiés a marqué de manière
décisive la vie des communautés chrétiennes. Et comme la société, l’Eglise,
en Suisse, s’est elle aussi transformée. Les paroisses ne sont plus des
communautés closes. La mobilité de l’homme dans le travail ou les loisirs
est en effet intervenue pour en faire éclater le cadre.
Les missions sont une partie intégrante de l’Eglise locale
Dans les années cinquante, les missions étaient des paroisses parallèles
qui collaboraient rarement avec l’Eglise suisse. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, en particulier depuis le Synode de 1972: on insistera alors sur
le fait que les évêques locaux sont les évêques de tous les catholiques du
diocèse. Les missions sont ainsi devenues une partie intégrante de l’Eglise
locale. Reconnues, leur participation au sein des conseils et des instances
de décision ne cesse de croître. Le principe est simple: il n’y a pas
d’étrangers dans l’Eglise.
Selon les statistiques 1987 de la Communauté catholique Suisse de travail (SKAF), la Suisse abrite 978.737 étrangers et 114.641 saisonniers,
dont 385.080 Italiens, 112.500 Espagnols et 48.035 Portugais. Les ressortissants de ces pays figurent aussi parmi les mieux représentés en Romandie, au sein des quelque 200.000 étrangers catholiques, ou de nombreuses
autres communautés catholiques sont également établies. Quelque 13 langues
y sont en effet représentées.
Il faut savoir que pour une mission vietnamienne, deux anglophones, deux
germanophones, on en dénombre 19 italiennes, 11 Espagnoles et 3 portugaises
(une quatrième est prévue à Fribourg). Quant aux pays de l’Est, ils sont
présents avec des missions polonaises, hongroises, tchèques, slovaques,
croates et slovènes. Les pays qui comptent un important contingent de
migrants en Suisse y envoient leurs prêtres. Les évêques gardent cependant
le dernier mot s’agissant de nommer et de répartir ces missionnaires sur le
territoire suisse. Sur le plan administratif et financier, la mission est
partie intégrante du diocèse. (Apic/pr)